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25/05/2015 12:00 EDT | Actualisé 25/05/2016 01:12 EDT

Elections au Surinam, l'ex-dictateur Bouterse en quête d'un second mandat

Le Surinam, plus petit Etat d'Amérique du Sud, votait lundi aux élections générales qui permettront de renouveler le Parlement et désigner le président, l'ancien dictateur Desi Bouterse espérant décrocher un second mandat de cinq ans.

Les bureaux ont ouvert à 07H00 (10H00 GMT) et fermeront à 19H00 (22H00 GMT). Quelque 350.000 électeurs sont appelés à voter pour ce scrutin qui est aussi local, dont les premiers résultats sont attendus en fin de soirée.

Lundi matin, les rideaux des isoloirs avaient été enlevés, pour empêcher les électeurs de se prendre en photo avec leur bulletin en échange de faveurs ou d'argent des partis politiques.

"Les selfies peuvent être très dangereux", soulignait Irene Klinger, à la tête de la mission d'observation de l'Organization des Etats américains (OAS), précisant que ce système d'isoloirs ouverts est désormais utilisé dans de plus en plus de pays.

Des observateurs de l'Union européenne, de la Communauté caribéenne (Caricom) et de l'Union des nations sud-américaines (Unasur) étaient également présents dans ce pays de 539.000 habitants, riche en bauxite, or et pétrole.

L'ex-dictateur Desi Bouterse, devenu président en 2010, cherche à obtenir un second mandat de cinq ans, cette fois sans alliance avec Ronnie Brunswijk, pour que sa formation, le Parti national démocratique (NDP), puisse gouverner sans coalition.

Pour cela il lui faut remporter au moins 26 sièges sur les 51 du Parlement monocaméral. Et pour rester à la tête du pays, il lui en faudra 34, le président étant désigné par une majorité des deux tiers de députés.

Face à lui, le V7, une coalition de six partis qui accuse Desi Bouterse de corruption massive et de populisme, misant sur un message multi-racial dans ce pays d'une grande diversité ethnique, et la Combinaison alternative menée par l'ex-guérillero Ronnie Brunswijk.

Figure controversée, le commandant Desi Bouterse, 69 ans, s'était emparé du pouvoir en 1980, cinq ans après l'indépendance de cette ex-colonie anglaise puis hollandaise.

Instaurant une dictature militaire, il avait alors dirigé le pays jusqu'en 1987 avant de mener un second coup d'Etat en 1990 pour un bref retour au pouvoir, jusqu'en 1991.

Condamné en 2000 aux Pays-Bas à 11 ans de prison par contumace, pour trafic de cocaïne, et recherché par Interpol, il réalise un coup double en 2010 en étant élu démocratiquement à la présidence, décrochant l'immunité et revenant au pouvoir par la même occasion.

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