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25/05/2015 12:25 EDT | Actualisé 25/05/2016 01:12 EDT

Dix journaux saisis au Soudan

Les forces de sécurité soudanaises ont saisi lundi les exemplaires de dix quotidiens et suspendu les autorisations de publier de quatre d'entre eux, ont indiqué journalistes et ONG.

Des officiers du Service national de renseignements et de sécurité (NISS) confisquent régulièrement des journaux en raison de la publication d'articles qu'ils jugent inappropriés, mais il est rare qu'ils en saisissent autant en une seule fois.

"L'appareil de sécurité a saisi les éditions de neuf journaux" sans fournir de raisons à une telle mesure, a déclaré dans un communiqué l'ONG Journalists for Human Rights Sudan (JHR).

Le NISS a saisi les éditions des quotidiens al-Soudani, al-Jarida, Akhir Lahza, al-Intibaha, al-Rai al-Aam, Alwan, al-Tayar, al-Khartoum, and al-Youm al-Tali, selon JHR.

L'Union générale des journalistes soudanais a ensuite indiqué qu'un dixième quotidien, al-Akhbar, avait été également saisi. Le syndicat a dit qu'il allait soulever la question de ces confiscations avec la présidence, le ministère de l'Information et le NISS.

Les agents du NISS ont appelé les directeurs de quatre de ces journaux --al-Khartoum, al-Jarida, Akhir Lahza et al-Intibaha-- pour leur dire que leur autorisation de publication avait été suspendue "de façon indéfinie", a déclaré Al-Bagir Ahmed Abdallah, le rédacteur en chef d'al-Khartoum.

Il a indiqué avoir été informé que son journal avait été suspendu pour un article sur un forum sur les droits du consommateur où l'un des intervenants parlait d'"agression sexuelle sur les écoliers dans les bus les transportant".

Les rédacteurs en chef du journal pro-gouvernemental Akhir Lahza et de la publication indépendante al-Jarida ont confirmé avoir reçu le même appel mais n'ont pas été informés de la raison pour laquelle leur publication avait été suspendue.

Les journalistes soudanais se plaignent régulièrement de pressions et de harcèlement de la part des services de sécurité.

En février, avant les élections nationales qui ont vu la réélection du président Omar al-Béchir avec 94% des suffrages, le NISS avait saisi les éditions de 14 journaux, une des plus grandes mesures de répression contre la presse menée depuis des années.

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