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25/05/2015 18:03 EDT | Actualisé 25/05/2016 01:12 EDT

Cimenterie McInnis: l'entente avec Québec doit être divulguée, selon la CAQ

QUEBEC - Le projet de cimenterie de 1 milliard $ à Port-Daniel-Gascons en Gaspésie vient de franchir une autre étape de sa réalisation, mais la Coalition avenir Québec, qui a tout fait pour s'y opposer, ne s'avoue pas vaincue.L'étude détaillée du projet de loi qui permet à ce vaste complexe industriel d'échapper aux évaluations environnementales a été complétée lundi en commission parlementaire, malgré les tentatives caquistes de stopper ce projet qualifié carrément d'«immoral».La CAQ exige maintenant du gouvernement qu'il rende publique l'entente entre les promoteurs du projet, Ciment McInnis, et l'État. Le projet est en effet financé presque à moitié par des fonds publics, 250 millions $ en prêt et 100 millions $ en capital-actions d'Investissement Québec, en plus de 100 millions $ de la Caisse de dépôt.Selon le porte-parole caquiste en matière d'environnement, Simon Jolin-Barrette, les Québécois ont le droit de connaître les modalités de l'entente, surtout que le ministre de l'Économie, Jacques Daoust, plaide que ce projet de loi est nécessaire pour des raisons financières.Grosso modo, le bref projet de loi officialise en quelque sorte une dérogation, puisque le projet de Ciment McInnis serait à l'abri de toute évaluation environnementale sous l'égide du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE). Il se trouve aussi à invalider toute décision d'un tribunal qui assujettirait le projet à une évaluation environnementale.Car un concurrent de Ciment McInnis, Lafarge Canada, poursuit une action en justice intentée l'été dernier dans l'espoir de faire invalider le certificat d'autorisation du projet. Or des délais provoqués par une longue bataille judiciaire pourraient carrément faire avorter le projet, selon une source du gouvernement, qui a indiqué que ce projet de loi doit donc être adopté avant la fin de la session à la mi-juin.Mais aux yeux de Simon Jolin-Barrette, cette pièce législative constitue un «passe-droit» conféré à «des fins électoralistes» à un seul citoyen corporatif pour un projet qui n'est même pas rentable. Qui plus est, c'est une entrave au principe de la séparation des pouvoirs, a-t-il poursuivi, parce que le législatif se trouve à museler le judiciaire.Le porte-parole caquiste et député de Chambly a admis que sa formation a rencontré les représentants de Ciment Lafarge, mais se défend d'être le porte-voix d'un lobby d'opposants.La cimenterie va alourdir le bilan des émissions de gaz à effet de serre (GES) du Québec en éjectant près de deux millions de tonnes de gaz par année, a déploré M. Jolin-Barrette, soit une hausse de 6 pour cent du secteur industriel québécois. À son avis, c'est immoral de la part d'un gouvernement qui se vante de faire la lutte aux changements climatiques.Pour sa part, le ministre du Développement économique, Jacques Daoust, qui pilote ce projet de loi, a fait valoir que les entreprises rivales utilisent des procédés bien plus polluants à la tonne que ceux de Ciment McInnis.Quant à l'opposition officielle péquiste, qui est favorable au projet, elle a condamné la position de la CAQ, jugée rétrograde.Le projet de cimenterie de Port-Daniel-Gascons a été annoncé sous le gouvernement péquiste et retenu par les libéraux une fois au pouvoir.