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25/05/2015 05:00 EDT | Actualisé 25/05/2016 01:12 EDT

Burundi: des centaines de jeunes manifestent de nouveau dans les quartiers de Bujumbura

Des manifestations hostiles au président burundais Pierre Nkurunziza ont repris lundi matin dans plusieurs quartiers de Bujumbura, a constaté un journaliste de l'AFP.

A Cibitoke (nord), plusieurs centaines de jeunes défilaient en dansant et chantant des slogans anti-Nkurunziza. Ils tournaient en boucle dans les rues de Cibitoke et du quartier voisin de Mutakura.

Les routes principales étaient jonchées de grosses pierres, de barricades de fortune faites de troncs d'arbre parfois calcinés et encore fumant.

Les rassemblements ont débuté dès l'aube, selon les manifestants. "On a commencé à barrer la route à 4H00 du matin à cause de l'assassinat de Zedi Feruzi", opposant et figure du mouvement anti-troisième mandat abattu samedi soir avec son garde du corps, a expliqué Cadet, enseignant de 32 ans.

Aucun affrontement n'était à signaler ni tension particulière avec les forces de l'ordre, policiers ou militaires, dont très peu étaient visibles à l'intérieur même du quartier.

Les policiers étaient positionnés aux entrées de Cibitoke, des fils barbelés étaient déroulés par endroits au milieu de la route, pour empêcher d'aller vers le quartier voisin de Ngagara. Ce quartier, où Zedi Feruzi a été assassiné samedi soir, était totalement bouclé par les forces de l'ordre, et désert de tout manifestant. En lisière du quartier, bus et taxis attendaient les piétons pour les amener au centre-ville.

Des manifestations ont également été signalées dans d'autres quartiers, à Kanyosha et Nyakabiga, ainsi qu'à Kinama, plutôt épargné par la contestation jusqu'à présent.

Dans le centre-ville de Bujumbura, la situation était relativement normale, avec quelques magasins ouverts, mais une activité légèrement moindre qu'à l'accoutumée, a-t-on constaté.

Le mouvement contre un troisième mandat du président Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005 et candidat à la présidentielle du 26 juin, avait appelé à une reprise des manifestations avec encore plus de "vigueur" ce lundi, après un week-end de trêve endeuillé par l'assassinat de Zedi Feruzi.

ayv-hba/jhd