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25/05/2015 11:07 EDT | Actualisé 25/05/2016 01:12 EDT

Angola: un mois avec sursis requis contre le journaliste Rafael Marques

Une peine d'un mois de prison avec sursis a été requise contre le journaliste et opposant angolais Rafael Marques, poursuivi par sept généraux pour "dénonciation calomnieuse" alors qu'il espérait une relaxe négociée lors de la dernière audience, a-t-on appris auprès de son avocat.

"Malgré l'entente trouvée entre les parties, le ministère public a requis une peine d'un mois de prison avec sursis contre mon client", a indiqué à l'AFP David Mendes, l'avocat de Rafael Marques, affirmant qu'il ferait appel de toute condamnation à l'issue du verdict attendu jeudi.

Cette réquisition du ministère public va à l'encontre de la demande d'abandon du processus formulée par l'accusation, a ajouté David Mendes, affirmant que les explications fournies et les engagements pris par son client lors de la dernière audience ouvraient la voie à une relaxe.

La semaine dernière, Rafael Marques s'était notamment engagé à ne pas rééditer le livre à l'origine de l'affaire et portant sur des violences commises dans une région de mines de diamants, un signe de bonne volonté accepté par les avocats des généraux et des sociétés minières incriminés.

"Après tout cela, l'Etat angolais vient demander ma condamnation et dire que je n'ai pas présenté de preuves", a dénoncé Rafael Marques à sa sortie du tribunal, estimant avoir été "piégé".

Il a souligné que ses huit témoins ont fait cinq fois le déplacement entre la région des Lundas (nord-est) et Luanda sans jamais être entendus.

Avec l'accord des deux parties, le tribunal n'a en effet auditionné aucun des témoins présentés, notamment un témoin clé de Rafael Marques, une femme de 45 ans dont les deux fils ont été tués, à un an d'intervalle, par des forces de sécurité dans la région minière.

Rafael Marques est poursuivi depuis 2012 par sept généraux, dont un très proche du président José Eduardo dos Santos, le général Manuel Helder Vieira Dias Junior "Kopelipa", pour avoir publié au Portugal en 2011 le livre "Les Diamants du Sang: Torture et Corruption en Angola".

Il y accuse les généraux d'avoir cautionné des "crimes contre l'humanité" contre la population locale commis par leurs sociétés minières et des compagnies de sécurité. Les généraux contestent ces accusations et reprochent à Marques de ne pas leur avoir donné la parole dans le livre.

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