NOUVELLES
25/05/2015 14:48 EDT | Actualisé 25/05/2016 01:12 EDT

20 ans plus tard... retour sur la vente des Nordiques

Il y a 20 ans aujourd'hui, le 25 mai 1995, Marcel Aubut annonçait le départ des Nordiques pour Denver, au Colorado, où l'année suivante, le club allait finalement gagner la Coupe Stanley. Le souvenir est encore douloureux pour bien des amateurs et certains cherchent encore des coupables.

Denis de Belleval, qui était, à l'époque, directeur général de la Ville de Québec, est d'avis que Marcel Aubut doit porter au moins une partie du blâme pour le départ de l'équipe.

Il ne nie pas que les difficultés financières de l'organisation étaient importantes à l'époque, mais comme le maire Labeaume, il estime que les actionnaires ont voulu passer à la caisse en acceptant de vendre les Nordiques à un groupe de Denver.

Denis de Belleval croit que le gouvernement du Québec a fait le maximum dans le dossier et rappelle que Marcel Aubut avait beaucoup à gagner, sur le plan personnel, en vendant le club.

« M. Parizeau a fait des offres très intéressantes, ou ses adjoints, à M. Aubut, mais il les a refusées parce qu'au fond, plus encore que les autres, ça lui permettait de faire fortune », affirme l'ancien directeur général de la Ville.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a affirmé dimanche que le départ des Nordiques vers Denver, il y a 20 ans, aurait pu être évité si certains des propriétaires n'avaient pas été si pressés de passer à la caisse et d'encaisser leur profit. Lundi, il a refusé de remettre de l'huile sur le feu. « J'ai vraiment tout dit ce que j'avais à dire », s'est-il limité à dire.

Le contexte il y a 20 ans

Jean-Paul L'Allier, qui était le maire de la ville à l'époque de la vente des Nordiques, a quant à lui affirmé que le départ de l'équipe était inévitable. Il a toutefois rappelé que le contexte dans lequel cette décision a été prise était très différent de celui d'aujourd'hui.

Il a d'abord souligné que la ville de Québec ne comptait alors que 185 000 habitants. « Pas 530 000 comme aujourd'hui, ou à peu près. 185 000, et c'est à cette population qu'on demandait de faire l'effort qui aurait été requis pour garder pendant quelques années encore le club des Nordiques. »

L'ancien maire se souvient que pour garder le club à Québec, la construction d'un nouvel amphithéâtre était devenue nécessaire. Or, cette exigence représentait une facture trop imposante pour le nombre de contribuables qui vivaient à Québec.

Jean-Paul L'Allier dit avoir tout tenté pour garder les Nordiques à Québec. « J'ai écrit à l'époque aux 130 maires de la très grande région, y compris Charlevoix et tout ça, en disant : "Est-ce que ce ne serait pas l'occasion de nous donner un grand équipement qui servirait à toutes les fins de spectacles, etc., et qui nous appartiendrait à tous? » La réponse a été unanime : tous étaient contre sauf le maire de Pintendre, qui a montré une certaine ouverture.

Au milieu des années 90, il n'existait pas de plafond salarial dans la Ligue nationale de hockey, et les Nordiques faisaient face à d'importantes difficultés financières. Dans ce contexte, soutient Jean-Paul L'Allier, la Ville de Québec a plutôt misé sur la relance de son centre-ville.

Une question de patience

Kevin Johnston, chroniqueur au journal Le Soleil, avait suivi de près la saga de la vente des Nordiques il y a 20 ans. Il ne blâme personne en particulier, mais croit que les propriétaires, à Québec, « auraient dû être un peu plus patients ». « Il y avait la panique à l'effet qu'ils commenceraient à perdre de l'argent l'année suivante », se souvient-il.

« Si on regarde ce qui s'est produit à Edmonton, dans une situation semblable, là-bas, des gens locaux se sont portés acquéreurs du club alors que ça commençait à chambranler. Eux, ils ont été patients et c'est ce qui a sauvé le club. »

Selon le chroniqueur, l'organisation de Québec aurait dû patienter de 1 à 3 ans, soit jusqu'au moment où la Ligue nationale de hockey a commencé à aider les petits marchés. « Avec des échanges d'argent, on enlève aux plus riches et on redonne aux plus pauvres, c'est comme ça qu'Edmonton a réussi à survivre », insiste-t-il.

Kevin Johnston émet des doutes sur la capacité de Québec à supporter un club de la LNH aujourd'hui. « J'ai toujours été optimiste de nature, sauf que je suis réaliste. Je regarde ce qui se passe cette semaine à la Coupe Memorial : des foules de 8, 9, 10 000 personnes. Les gens ne viennent pas au Colisée parce que les billets sont trop chers. »