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22/05/2015 05:51 EDT | Actualisé 22/05/2016 01:12 EDT

Zone euro: les perspectives économiques n'ont pas été aussi bonnes depuis 7 ans (Draghi)

Les perspectives économiques de la zone euro sont actuellement meilleures qu'elles ne l'ont jamais été depuis le début de la crise en 2008, même si la reprise reste fragile, a estimé vendredi le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi.

"Les perspectives économiques pour la zone euro sont aujourd'hui meilleures qu'elles ne l'ont été depuis sept longues années (...) mais une reprise cyclique ne résout pas à elle seule tous les problèmes de l'Europe", qu'il s'agisse de la dette ou du chômage encore trop élevés dans certains pays, a considéré M. Draghi à l'occasion d'un forum organisé par la BCE à Sintra au Portugal. Il a appelé les gouvernements européens à profiter de cette éclaircie pour s'atteler à des réformes structurelles.

"Une reprise cyclique parvient à fournir des conditions presque parfaites pour que les gouvernements se lancent de manière plus systématique dans des réformes structurelles qui vont ancrer le retour à la croissance", a ajouté M. Draghi. Le président de la BCE a souligné que si la reprise se dessine, pour l'heure "le potentiel de croissance est anticipé pour rester bien en dessous des taux de croissance d'avant crise", d'où la nécessité urgente de réformes.

Pour la deuxième année, la BCE a invité banquiers centraux du monde entier et économistes à venir débattre d'un sujet pendant trois jours à Sintra, à 25 kilomètres de Lisbonne. Le thème de cette édition est "inflation et chômage en Europe".

Si l'inflation est clairement la première mission de la BCE, qui s'attache fortement à la faire remonter grâce à son nouveau vaste programme de rachats de dettes, la baisse du chômage n'entre pas dans le mandat de l'institution monétaire de Francfort, contrairement à son homologue américaine Fed.

Cela n'a pas empêché Mario Draghi d'estimer que "en tant que gardien de la monnaie", il avait "un intérêt légitime" à réclamer la mise en oeuvre de mesures structurelles, notamment sur le marché du travail, qui permettraient de renforcer la reprise et la résistance de la zone euro aux chocs.

Loin d'apporter des "gains marginaux", "les réformes structurelles aujourd'hui peuvent dégager un potentiel inexploité d'importants gains de production, d'emplois et de bien-être et (...) cela jouerait un rôle crucial pour assurer que l'actuelle reprise cyclique se renforce", a expliqué le président de la BCE.

"Plus elles auront lieu tôt, mieux ce sera", a-t-il insisté.

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