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22/05/2015 09:05 EDT | Actualisé 22/05/2016 01:12 EDT

Un syndicaliste colombien poursuit BP pour complicité d'enlèvement

Un syndicaliste colombien a porté plainte vendredi à Londres contre le géant pétrolier BP, qu'il accuse de complicité dans son enlèvement et sa torture par des paramilitaires il y a 13 ans, a-t-on appris auprès de son avocate.

Le groupe pétrolier a fermement démenti toute implication et promis "de se défendre vigoureusement".

Gilberto Torres a été enlevé pendant 42 jours en 2002 dans le département de Casanare (est de la Colombie), avant d'être miraculeusement libéré grâce à une mobilisation de ses collègues qui avaient menacé à défaut d'une grève nationale dans le secteur pétrolier.

Le syndicaliste et son avocate affirment avoir des preuves incriminant pour cet enlèvement le propriétaire et gestionnaire d'une compagnie d'oléoduc colombienne, Ocensa, dont BP était actionnaire.

"Nous demandons une compensation pour l'emprisonnement et la torture de Gilberto Torres. Nous pensons qu'ils (BP) ont été négligents et complices. D'abord parce qu'ils finançaient l'armée (...) et ensuite parce qu'ils étaient actionnaires d'Ocensa", a expliqué à l'AFP Sue Willman, avocate du syndicaliste.

Elle a souligné que les responsables de BP auraient dû "prendre davantage de précautions", vu que la compagnie opérait dans une zone où les paramilitaires étaient actifs.

"Ils savaient que l'armée collaborait avec les paramilitaires (...) et ils ont continué de financer l'armée sans surveiller de près ce qui se passait", a-t-elle ajouté.

Des milliers de militants syndicaux ont disparu ou ont été tués en Colombie au cours des 30 dernières années, selon le Bureau du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) dans le pays sud-américain.

Une partie a été victime de paramilitaires engagés par des entreprises locales.

De son côté, BP a expliqué "déplorer ce qui est arrivé à M. Torres". Mais la compagnie a "catégoriquement réfuté toute implication ou avoir eu connaissance (de l'enlèvement) ou l'avoir laissé se produire".

"BP n'a jamais engagé, ni jamais travaillé, ni jamais encouragé d'activités paramilitaires en Colombie à l'époque où elle y était active. BP n'a désormais plus d'activités de production de pétrole et gaz en Colombie et, lors de sa présence, a régulièrement condamné publiquement les actes de violence et de terrorisme".

D'après l'avocate de M. Torres, la procédure pourrait prendre "des années" avant un éventuel jugement, en raison de nombreuses formalités judiciaires préalables.

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