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22/05/2015 03:31 EDT | Actualisé 22/05/2016 01:12 EDT

Turquie: le conflit dans le secteur automobile s'émousse, Fiat reprend le travail

Le conflit social qui a provoqué l'arrêt de la production sur les sites de Renault et de Fiat à Bursa, dans le nord-ouest de la Turquie, coeur de l'industrie automobile turque, semblait s'atténuer vendredi avec la reprise du travail chez le constructeur italien.

"Le travail a repris à Tofas à partir du 22 mai à 07H00" locales (04H00 GMT), a déclaré la filiale turque de Fiat dans un communiqué.

Des milliers de salariés de Renault et de Fiat avaient entamé le 14 mai un mouvement de grève à moins de trois semaines des élections législatives du 7 juin en Turquie pour demander des hausses de salaires.

La production de Tofas et d'Oyak Renault représente plus de 40% de la production automobile turque annuelle.

Les salariés accusent leur syndicat Turk Metal d'être aux ordres de leurs employeurs et de ne pas se soucier de leurs intérêts.

La production qui s'était interrompue mercredi sur deux sites de production à Kocaeli (nord-ouest) de la filiale turque du constructeur américain Ford a également repris jeudi après-midi, a-t-on appris vendredi auprès de l'entreprise.

La contestation qui avait aussi gagné plusieurs équipementiers automobiles de Bursa a tendance également à se calmer avec la reprise du travail chez Coskunöz, le plus gros d'entre-eux.

Cependant le conflit se poursuivait toujours vendredi sur le site de Renault, à l'origine de la contestation.

Un porte-parole des grévistes, Ekrem Salim, cité vendredi par l'agence de presse Dogan, a fait état de l'échec des discussions avec la direction, indiquant que le mouvement continuait.

Par ailleurs, les meneurs du mouvement, 47 au total, se sont vus notifier des convocations d'un tribunal administratif de Bursa, précise la presse locale.

Ils sont accusés par la justice d'avoir provoqué "un arrêt de travail illégal dans une entreprise", ce qui est passible d'une peine de prison de trois ans maximum, selon le quotidien Radikal.

Jean-Christophe Kugler, responsable de la région Eurasie chez Renault, cité par les journaux turcs, s'est inquiété de ce conflit lors d'un déplacement à Istanbul à l'occasion d'un salon automobile, affirmant que sa société pourrait reconsidérer son investissement en Turquie.

M. Kugler a notamment expliqué que la Turquie était un marché de grand potentiel et que le conflit était une menace non seulement pour la Turquie mais aussi pour le secteur dans son ensemble.

BA/cmr

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