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22/05/2015 01:35 EDT | Actualisé 22/05/2016 01:12 EDT

Thaïlande: un an après, de rares groupes d'opposition prévoient de protester contre le coup d'Etat

Des opposants à la junte militaire ayant pris le pouvoir il y a tout juste un an en Thaïlande ont prévu vendredi des actions pour marquer le premier anniversaire du coup d'Etat mais aucun grand rassemblement d'opposition n'était prévu, le pays étant totalement verrouillé par les militaires.

Le groupe Resistant Citizen, qui a déjà défié par le passé l'interdiction de manifester, prévoyait une marche vers un tribunal de Bangkok afin d'y déposer une plainte pour "trahison" contre le chef de la junte, le général Prayut Chan-O-Cha.

Leur plainte se fonde sur le fait que la junte a renversé un gouvernement démocratiquement élu. "Cela constitue une trahison, comme le précise l'article 113 du Code pénal", explique le groupe sur Facebook.

Quelques étudiants, spécialistes des "flash mob" (rassemblement-éclair), ont également prévu de manifester dans le centre de Bangkok en début de soirée.

Lors des précédentes mobilisations, ces étudiants avaient distribué des copies du roman d'Orwell "1984" ou fait le salut à trois doigts inspiré du film "The Hunger Games", devenus des signes de ralliement de l'opposition depuis la prise du pouvoir par les militaires.

L'armée thaïlandaise a pris le pouvoir le 22 mai 2014, après des mois de manifestations contre le gouvernement élu de Yingluck Shinawatra.

Cette dernière, soeur de Takhsin Shinawatra, chassé par un coup d'Etat en 2006, avait été contraint de quitter ses fonctions après une décision de justice qui a été suivie deux semaines plus tard par l'imposition de la loi martiale et un coup d'Etat des militaires, le 22 mai 2014.

Un an plus tard, alors que plusieurs hommes politiques font déjà l'objet de poursuites, Yingluck a été bannie de vie politique pour cinq ans.

Elle risque maintenant jusq'à dix ans de prison, au terme d'un procès qui s'est ouvert quelques jours avant la date anniversaire du 22 mai.

Les militaires ont justifié leur action par la nécessité de rétablir l'ordre, après des mois de manifestations parfois violentes, et de défendre la monarchie, alors que le roi de 87 ans est affaibli physiquement. Ils repoussent sine die toute élection, le temps de mettre en place les mécanismes empêchant le retour au pouvoir par les élections des Shinawatra, dénoncent leurs détracteurs.

De leurs côtés, les Chemises rouges, principal mouvement de soutien au clan Shinawatra, ne descendront pas dans les rues. "Nous ne prévoyons pas quoi que ce soit", a déclaré Thanawut Wichaidit, leur porte-parole, interrogé par l'AFP. Thaksin a récemment encore demandé à ses partisans de ne pas se mobiliser et d'être "patients".

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