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22/05/2015 08:34 EDT | Actualisé 22/05/2016 01:12 EDT

Roland-Garros - Nadal, dix années d'une incroyable domination

Rafael Nadal visera un dixième titre à Roland-Garros, qui débute dimanche à Paris où il n'a connu qu'une défaite depuis ses débuts en 2005 établissant ainsi l'une des plus incroyables dominations de l'histoire du sport.

Avant l'émergence du "Roi de la terre battue", aucun joueur de tennis n'avait récolté autant de titres dans le même tournoi majeur. Qui aurait pu le prédire il y a dix ans? Personne, pas même son oncle et entraîneur Toni Nadal qui le guide depuis tout jeune. "Jamais, je n'aurais pu imaginer cela. Je me souviens lorsque Björn Borg a remporté son sixième titre ici (en 1981). C'était déjà incroyable", affirme l'intéressé, qui a inculqué la culture du travail à son neveu pour le pousser à se dépasser.

En 2005, le jeune Nadal, 19 ans à peine - son anniversaire, le 3 juin, tombe toujours pendant la quinzaine - décrochait sa première couronne en venant à bout de l'Argentin Mariano Puerta (6-7 (6/8), 6-3, 6-1, 7-5) au terme d'un combat de près de 3h30.

"Ce qui était fascinant chez lui, c'est qu'à ce jeune âge, il avait déjà toutes les armes pour devenir l'un des plus grands joueurs de l'histoire: des qualités physiques hors normes, un sens du déplacement exceptionnel, une pugnacité... Il avait un jeu complet, prenait la balle tôt et venait parfois à la volée", se souvient Guy Forget, l'ancien capitaine de l'équipe de France de Coupe Davis.

- Polyvalence -

Avec son endurance à toute épreuve, ses passing shots venus d'une autre planète, son lift ravageur et la taille de ses biceps exhibés à l'époque sous un débardeur, le Majorquin avait fait une entrée fracassante dans le gratin du tennis mondial, écartant aussi, en demi-finales, le N.1 de la discipline Roger Federer.

Les médias feront leur pain béni de cette nouvelle rivalité entre deux monstres sacrés du tennis, qui rappelle celles entre Pete Sampras et Andre Agassi, Ivan Lendl et John McEnroe ou encore Boris Becker et Stefan Edberg.

A Roland-Garros, les duels entre Federer "l'esthète" et Nadal "le bourreau des courts" vont devenir de grands classiques. Mais jamais le Suisse, détenteur du record de titres en Grand Chelem (17), n'arrivera à battre le "Taureau de Manacor" à Paris.

Il échouera en finale quatre fois: en 2006, 2007, en 2008 - subissant alors sa plus cinglante défaite (6-1, 6-3, 6-0) - puis en 2011. Federer ne s'imposera qu'une fois Porte d'Auteuil, en 2009, année du seul faux pas de Nadal qui lui avait laissé le champ libre en perdant en huitièmes de finale contre le Suédois Robin Söderling.

Le Majorquin parviendra, lui, à grignoter la suprématie du maestro helvète sur les autres surfaces, comme à Wimbledon en 2008 lors d'une finale mythique disputée presque à la chandelle ou en 2009 à l'Open d'Australie.

Réussir à remporter les trois autres Grands Chelems témoigne de la polyvalence du gaucher de Manacor qui a aussi su tirer profit du ralentissement des surfaces. Avant lui, les Espagnols étaient surtout des spécialistes de l'ocre.

- Dans le flou -

"Sa grande capacité, c'est d'avoir su s'adapter tout le temps. C'est pour cela qu'à mon avis, il va sans doute battre d'autres records", affirme Forget au sujet de Nadal qui, à 28 ans, compte quatorze "Majeurs".

"Il a toujours essayé de s'améliorer, de faire un peu mieux sur chaque coup. Ses grandes qualités sont son mental et sa constance dans le travail. En dehors du tennis, il est resté une personne normale. Cela lui donne quelque chose en plus", dit Toni Nadal de son neveu, réputé pour son fair-play.

C'est sans doute aussi cette humilité qui lui a permis de se dépasser et revenir après les pires blessures, comme en 2013 pour remporter au total 65 tournois, dont 46 sur l'ocre.

Cette année, Nadal, auteur d'une préparation décevante sur terre battue, arrive dans le flou à Paris alors que les voyants sont au vert pour Novak Djokovic, son plus sérieux rival, qui n'a encore jamais gagné le tournoi.

Depuis 2011 où il a atteint un niveau cosmique, le Serbe rêve enfin de triompher Porte d'Auteuil. Nadal lui a barré la route en finale en 2012 et 2014, et en demi-finales en 2013. Cette fois-ci, si le choc doit avoir lieu, ce sera en quarts de finale.

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