NOUVELLES
22/05/2015 08:39 EDT | Actualisé 22/05/2016 01:12 EDT

Nucléaire: les visites des sites militaires sont de l'espionnage, selon un général iranien

Les demandes occidentales d'accéder aux sites militaires iraniens dans le cadre d'un accord nucléaire s'apparentent à de l'espionnage, a jugé vendredi un haut responsable militaire iranien, répétant le refus de Téhéran d'accepter ces exigences.

La question des inspections est un des points délicats des négociations en cours avec les grandes puissances, surtout en ce qui concerne les sites militaires. L'Iran est soupçonné de chercher à développer l'arme atomique sous couvert de programme civil, ce que Téhéran dément.

"Nous ne permettrons aucune visite, sous aucun prétexte, des sites militaires ou de défense, ou leurs environs. Nous considérons la demande des Occidentaux comme une demande officielle d'espionnage", a déclaré le général Amir Ali Hadjizadeh, le chef de la force aérospatiale des Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime.

Le général s'exprimait devant les attachés militaires étrangers basés à Téhéran, selon le site officiel des Gardiens de la révolution sepahnews.com.

Interrogé par le site officiel du Parlement, le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a également refusé toute inspection de ces sites, les qualifiant de "demandes excessives".

La veille, le président Hassan Rohani a souligné que l'Iran "ne signerait aucun accord qui permettrait aux étrangers d'accéder aux secrets militaires ou technologiques" du pays.

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, avait déjà affirmé mercredi que l'inspection de sites militaires et les entretiens avec des scientifiques iraniens par des experts étrangers étaient exclus d'un accord nucléaire, âprement négocié depuis près de deux ans.

L'Iran et le groupe 5+1 (Etats-Unis, Chine, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) ont conclu le 2 avril un accord-cadre ouvrant la voie à un accord final pour résoudre le dossier du nucléaire iranien d'ici au 30 juin.

Les experts politiques et techniques des deux parties ont eu de nouvelles discussions depuis mercredi à Vienne.

Dans l'accord-cadre, l'Iran a accepté la mise en place d'un régime d'inspections renforcées de ses sites nucléaires par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), notamment sous le régime du protocole additionnel au Traité de non-prolifération, qui permet des inspections inopinées.

Mais selon Téhéran, le protocole additionnel permet "certains accès" à des sites militaires et non des inspections, afin de protéger "les secrets militaires ou économiques" du pays signataire.

L'Iran refuse notamment depuis 2011 l'accès à sa base militaire de Parchin, près de Téhéran, soupçonnée par l'AIEA d'avoir abrité des essais tests susceptibles d'être appliqués au nucléaire.

sgh/cyj/feb