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22/05/2015 11:40 EDT | Actualisé 22/05/2016 01:12 EDT

Le département d'État publie des courriels d'Hillary Clinton au compte-gouttes

Le département d'État américain a entrepris vendredi de diffuser une série de courriels échangés par son ancienne patronne, Hillary Clinton. Toutefois, certaines des informations qu'ils contiennent sont maintenant considérées comme secrètes, alors qu'elles étaient jugées publiques jusqu'ici.

Un juge a ordonné cette semaine au département d'État de commencer à publier quelque 30 000 courriels de Mme Clinton datant de l'époque où elle dirigeait la diplomatie américaine (2009-2013). Le département prévoyait jusque-là les publier d'un seul coup, en janvier 2016.

Ce sont donc 296 courriels de Mme Clinton, aujourd'hui candidate à l'investiture démocrate en vue de la présidentielle de 2016, qui ont été publiés vendredi. Ils révèlent notamment que Mme Clinton a reçu des informations sur l'attaque contre le consulat des États-Unis à Benghazi sur son adresse privée.

Il appert cependant que 23 mots d'un courriel envoyé à Mme Clinton par son chef de cabinet adjoint, Jake Sullivan, le 18 novembre 2012, au sujet de cette attaque ont été caviardés.

Selon le département d'État, ce caviardage est attribuable au FBI, qui cherche ainsi à protéger des informations susceptibles de nuire aux relations internationales des États-Unis. Le porte-parole de la Maison-Blanche, Josh Earnest, assure qu'il n'est pas rare que le niveau de sécurité de telles informations soit revu après réévaluation.

Les courriels de Mme Clinton alimentent la polémique depuis des semaines à Washington parce qu'ils ont été rédigés à partir d'une messagerie et d'un serveur privés, et non d'un compte gouvernemental comme c'est la règle.

Parmi ces courriels, des centaines concernent la situation en Libye entre 2011 et 2012 et notamment l'attaque contre le consulat, qui s'est soldée par la mort de quatre Américains, dont l'ambassadeur Christopher Stevens.

« Ces documents s'étendent sur une période de deux ans, du 1er janvier 2011 au 31 décembre 2012, et concernent la sécurité et les attaques contre la mission de Benghazi ainsi que la présence diplomatique des États-Unis en Libye », a expliqué une porte-parole du département d'État, Marie Harf.

L'attentat contre le consulat de Benghazi, le 11 septembre 2012, a entraîné une importante controverse politique impliquant démocrates et républicains.

L'administration Obama l'avait originalement attribuée à une manifestation « spontanée » de musulmans en colère à Benghazi, avant de reconnaître qu'il s'agissait d'un attentat commis par des islamistes.