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22/05/2015 14:16 EDT | Actualisé 22/05/2016 01:12 EDT

La Fondation Le Corbusier dénonce les attaques portées contre l'architecte français

La Fondation Le Corbusier a dénoncé vendredi les attaques à l'encontre de l'architecte et de ses engagements politiques controversés pendant l'Entre-deux-guerres, appelant "à une approche sereine et scientifique" de cette période.

Une polémique s'est développée à la suite de la parution de trois ouvrages accusant le grand architecte français du XXe siècle d'antisémitisme, de "fascisme militant" et d'avoir entretenu des liens avec le régime collaborationniste de Vichy sous l'occupation allemande.

La parution de ces ouvrages a eu un puissant écho dans les médias français.

"Loin des titres fracassants et des propos simplificateurs", la Fondation appelle "à une approche sereine et scientifique d'une période particulièrement complexe". Condamner l'oeuvre de Le Corbusier "sur la base de présupposés idéologiques et sans démonstration rigoureuse, fait valoir la Fondation dans un communiqué, est pour le moins hasardeux".

Selon elle, c'est aussi "faire fi des dizaines de milliers de personnes qui, dans onze pays, sur quatre continents, vivent et travaillent dans des bâtiments construits par Le Corbusier".

Charles-Edouard Jeanneret, dit Le Corbusier, né en 1887 à La Chaux-de-Fonds en Suisse puis naturalisé français, est l'un des principaux représentants du mouvement moderne avec Ludwig Mies van der Rohe ou Alvar Aalto.

La Fondation souligne aussi que "les documents écrits par Le Corbusier et mobilisés contre lui aujourd'hui ont été publiés ou mis à disposition par ses soins". Toutefois, elle "considère que maintenir vivant son héritage ne doit pas conduire à sous-estimer ou marquer certains traits de caractère ou certains comportements" de l'architecte.

Elle rappelle qu'un colloque organisé en partenariat avec le Centre Pompidou à Paris en 2016 sera consacré à la pensée de l'architecte et à son contexte historique pendant les années 30 et la Seconde Guerre mondiale.

Récemment parus, les ouvrages de Xavier de Jarcy ("Le Corbusier, un fascisme français"), Marc Perelman ("Une froide vision du monde") et François Chaslin ("Un Corbusier") montrent que l'architecte fréquente dès les années 1920 des cercles fascistes à Paris. Il devient proche du Dr Pierre Winter, leader du Parti fasciste révolutionnaire, avec lequel il crée la revue "Plans", et de l'ingénieur François de Pierrefeu avec qui il lancera le journal "Prélude".

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