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22/05/2015 17:22 EDT | Actualisé 22/05/2016 01:12 EDT

L'ONU enquête sur l'exécution de 9 civils par un groupe allié à l'armée malienne

BAMAKO, Mali - Des soldats maliens ont publiquement exécuté neufs habitants d'un village touareg du nord du pays, a affirmé vendredi une coalition de groupe séparatistes. Les Nations unies y ont déjà dépêché une équipe d'enquêteurs.La Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) a déclaré dans un communiqué qu'un groupe armé allié aux forces armées maliennes avait arrêté neuf civils dans le village de Tin Hamma, dans la région de Gao, jeudi.Les soldats ont ensuite procédé à leur «exécution sommaire et publique» et laissé les corps exposés en public durant 15 heures, selon la CMA.Un porte-parole de l'armée malienne, le colonel Souleymane Maiga, a «condamné» les actions alléguées et assuré qu'une enquête serait «rapidement ouverte» dans le but de faire la lumière sur les évènements. De son côté, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) a annoncé avoir dépêché une équipe d'enquêteurs sur les lieux «pour rapidement établir les faits».Dans son communiqué, la MINUSMA a exprimé «sa plus vive inquiétude» devant l’escalade des confrontations armées dans le nord du Mali. La mission onusienne a également condamné «les violations flagrantes et continues du cessez-le-feu qui mettent en péril le processus de paix et dont les premières victimes sont les populations civiles».Depuis le 27 avril, quand des groupes pro-gouvernementaux ont chassé les Touaregs de la ville de Menaka, près de la frontière nigérienne, le cessez-le-feu est régulièrement bafoué. Les groupes séparatistes touaregs auraient récemment tué au moins 40 personnes, selon les estimations du gouvernement. En 2013, les organismes Amnistie internationale et Human Rights Watch, ainsi que l'Associated Press, avaient déjà fait état de violences commises par l'armée malienne à l'endroit des civils. L'armée avait alors nié les accusations. Des violations des droits de la personne supposément commises par toutes les parties ont été rapportées depuis le début du conflit dans le nord du Mali, en 2012. Les Touaregs avaient alors pris le contrôle de la région, avant d'en perdre des secteurs aux mains de groupes extrémistes islamistes. Ceux-ci ont été repoussés par l'opération militaire française Serval en 2013.