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22/05/2015 03:03 EDT | Actualisé 22/05/2016 01:12 EDT

L'Eurovision pour le meilleur et pour le pire

Aimée ou détestée, et parfois les deux à la fois, l'Eurovision de la chanson ne manque jamais de divertir.

Avant la 60e édition samedi à Vienne, retour sur quelques étapes qui ont marqué le concours.

- Les sentiers de la gloire -

La plupart des candidats des 59 premières éditions, et même une bonne partie des vainqueurs, sont retournés rapidement à l'anonymat.

L'exception la plus connue est le triomphe d'ABBA en 1974, qui allait lancer la carrière exceptionnelle du groupe suédois.

La chanson qui a révélé ABBA s'intitulait "Waterloo" : c'était retourner le couteau dans la plaie pour la France, qui avait dû renoncer à participer pour cause de deuil du président Georges Pompidou.

L'Eurovision a aussi servi les carrières de Céline Dion (1988), de Sandie Shaw (1967), du groupe Bucks Fizz (1981), de France Gall (1965) et de Cliff Richard, classé deuxième en 1968.

"Volare (Nel blù dipinto di blù)" de Domenico Mudugno (1958) est la chanson peut-être la plus célèbre à avoir participé au concours - sans le gagner d'ailleurs. Elle a depuis été reprise d'innombrables fois, notamment par David Bowie, Frank Sinatra, Louis Armstrong et Barry White.

En revanche, aligner une star déjà connue internationalement n'est pas une garantie de victoire : Patricia Kaas en avait fait l'amère expérience en 2009, en ne décrochant qu'une 8e place.

- Wadde hadde dudde da ? -

Si l'Eurovision a connu son lot de chansons à message - notamment politiques -, bon nombre de candidats ont choisi au contraire des paroles ne voulant rien dire. Une manière de s'affranchir des barrières linguistiques?

La palme dans ce domaine va aux candidats belges Urban Trad (2003) et Ishtar (2008), qui ont chanté dans des langues imaginaires.

La chanson espagnole "Lalala", victorieuse en 1968, comprenait 138 fois la syllabe "la". Dans le même genre, il y eut aussi "Diggi-Loo diggi Ley" (Suède, 1984), "Boom Bang-A-Bang" (Royaume-Uni, 1969) ou "Wadde hadde dudde da?" (Allemagne, 2000).

Et comment ne pas citer le refrain de la chanson autrichienne de 1977: "Boom boom boomerang, snadderydang. Kangaroo, boogaloo, didgeridoo" ?

- Champions irlandais et losers norvégiens -

L'attribution des points à l'Eurovision se fait par une combinaison, pays par pays, de votes du public et du vote d'un jury professionnel répartissant ses points entre 10 candidats. Il est donc possible, bien que rare, de finir la compétition sans le moindre point.

C'est arrivé quatre fois à la Norvège, un record humiliant compensé en 1989 quand ce pays a obtenu 387 points, soit le plus haut total jamais obtenu en 59 éditions.

L'Irlande est la championne de l'Eurovision avec sept victoires. L'Irlandais Johnny Logan a lui-même gagné deux fois comme interprète (1980 et 1987), puis une fois comme auteur (1992).

Le Royaume-Uni, le Luxembourg, la Suède et la France ont gagné chacune cinq fois.

- Fun, amour et tolérance -

Les chansons sur l'amour et la paix tiennent toujours le haut du pavé à l'Eurovision. Mais les robes de soirée, les noeuds papillon et les orchestres symphoniques, filmés en noir et blanc, des premières décennies ont cédé peu à peu la place à une explosion colorée.

La drag-queen prêchant la tolérance est presque devenu un genre à part entière, comme en témoignent le groupe Sestre (Slovénie, 2002), Dana International (Israël, 1998), Verka Serduchka (Ukraine, 2007) et bien sûr la diva barbue Conchita Wurst (Autriche, 2014).

Parmi les nombreux candidats franchement excentriques, on se souvient surtout des hard-rockeurs à masques de monstre de Lordi (Finlande, 2006) et de la marionnette en forme de dinde Dustin the Turkey (Irlande, 2008).

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