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22/05/2015 10:43 EDT | Actualisé 22/05/2016 01:12 EDT

Fin de vie et temps qui passe inspirent les cinéastes à Cannes

La mort, la vieillesse, et la fin de vie ont été l'une des inspirations majeures des réalisateurs en course pour la Palme d'or à Cannes avec des films comme "Mia Madre" de Nanni Moretti, "Youth" de Paolo Sorrentino ou "Chronic" de Michel Franco.

Présenté en compétition vendredi, "Chronic" dresse un portrait très réaliste d'un aide-soignant de Los Angeles, interprété par Tim Roth, totalement dévoué à l'accompagnement de personnes en phase terminale, et à qui une patiente atteinte d'un cancer demande de l'aider à mettre fin à ses jours.

"Je voulais faire le portrait objectif de l'immense complexité de ces moments de la vie", a expliqué le réalisateur mexicain Michel Franco, qui a eu l'idée de ce film en assistant aux derniers mois de sa grand-mère paralysée.

En parlant à des infirmières, Michel Franco dit s'être rendu compte que l'euthanasie se produisait "sans arrêt". "Elles le font plus souvent que nous ne le pensons", a-t-il insisté.

La vieillesse et la fin de vie, préoccupations grandissantes dans nos sociétés où l'espérance de vie augmente, ne sont pas des sujets entièrement nouveaux à Cannes.

L'année 2012 avait été marquée par le triomphe du film "Amour" de Michael Haneke, qui mettait à nu l'inexorable déchéance d'un couple d'octogénaires confronté à la maladie. Ce conte douloureux sur la vieillesse, avec Emmanuelle Riva et Jean-Louis Trintignant, avait obtenu la Palme d'or.

En 2013, l'actrice italienne Valeria Golino ("Respiro") avait présenté "Miele" dans la section parallèle "Un certain regard", film sur une jeune femme aidant des malades à mourir, qui abordait sans manichéisme le sujet du suicide assisté.

Ce thème difficile du droit à la mort était aussi ces dernières années au coeur de "La Belle endormie" de Marco Bellocchio, de "Quelques heures de printemps" de Stéphane Brizé, de "Mar adentro" d'Alejandro Amenabar ou de "A tout jamais" de Nic Balthazar.

Se faisant l'écho des questionnements sur ce sujet, l'acteur britannique Tim Roth s'est prononcé "totalement pour" l'euthanasie lors de la conférence de presse du film, déplorant que ce soit un "sujet si compliqué pour tant de gouvernements".

"Je suis d'accord, ça devrait être légal et fait de manière appropriée", a renchéri Michel Franco.

- 'Exorciser certaines peurs' -

Dans "Mia Madre", l'Italien Nanni Moretti aborde de son côté la vieillesse et la mort, à travers l'histoire émouvante d'une réalisatrice de cinéma (Margherita Buy) confrontée à la maladie de sa mère, de son dernier séjour à l'hôpital à son retour chez elle pour ses derniers moments.

"+Mia Madre+ parle d'une chose vécue et, qui plus est dans l'ordre naturel des choses", a indiqué le cinéaste, dont le film est en partie autobiographique. Sa propre mère est décédée pendant le montage de son précédent opus, "Habemus papam".

Son compatriote Paolo Sorrentino livre quant à lui dans "Youth" (Jeunesse) une fable onirique et optimiste sur le temps qui passe.

Il le fait à travers l'histoire de deux vieux amis, un chef d'orchestre (interprété par Michael Caine, 82 ans) et un réalisateur (Harvey Keitel, 76 ans), qui se retrouvent dans un établissement thermal en Suisse.

"Le temps qui passe, c'est le seul thème qui nous intéresse, combien il nous en reste", a souligné Paolo Sorrentino.

"C'est un film optimiste et qui a été fait pour exorciser certaines de nos peurs, les miennes en tout cas", a ajouté le réalisateur de 44 ans, oscarisé en 2013 pour "La Grande Bellezza".

"Quel que soit l'âge qu'on a, on peut regarder vers l'avenir et c'est la condition pour rester jeune", a-t-il ajouté.

Autre réflexion sur le temps qui passe, "Valley of Love" de Guillaume Nicloux met en scène Gérard Depardieu et Isabelle Huppert en ex-couple marqué par le temps qui se retrouve après des années, à la demande de leur fils qui s'est suicidé.

bur-slb/fmi/phc