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22/05/2015 15:10 EDT | Actualisé 22/05/2016 01:12 EDT

Dollar et prises de bénéfices plombent le pétrole, qui finit en baisse à New York

Les cours du pétrole ont fini en baisse vendredi à New York, pâtissant d'un nouveau renforcement du dollar ainsi que de prises de bénéfices par des investisseurs qui tiraient profit de la nette hausse des deux dernières séances.

Le prix du baril de référence (WTI) pour livraison en juillet a perdu un dollar à 59,72 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), après avoir avancé de près de trois dollars mercredi et jeudi.

Malgré d'importantes fluctuations d'un jour à l'autre, le marché du pétrole, qui a rebondi à partir de la mi-mars après avoir atteint un plus bas depuis six ans à moins de 45 dollars le baril à New York, semble désormais en quête de stabilité, car les cours achèvent à peu près la semaine au même niveau qu'ils l'avaient commencée.

Vendredi, "le marché s'est surtout retrouvé sous la pression d'un renforcement du dollar, qui gagne près de 1% après d'assez bons chiffres sur l'inflation" aux Etats-Unis, a noté Bob Yawger de Mizuho Securities.

Lorsqu'il se renforce, le dollar pèse souvent sur les cours de l'or noir, car ils sont libellés en monnaie américaine, et en deviennent donc moins intéressants. A l'inverse, en s'affaiblissant entre la mi-avril et la mi-mai, le billet vert a joué un rôle dans le récent rebond du marché pétrolier.

"Cette corrélation inversée avec le dollar, c'est devenu un monde en soi et c'est l'élément dominant aujourd'hui", a insisté M. Yawger. Sur le marché, "elle a même éclipsé une attaque terroriste importante en Arabie saoudite".

Un attentat suicide, revendiqué par le groupe jihadiste Etat islamique, a fait vendredi plusieurs morts et blessés dans une mosquée chiite de l'est du royaume, à Koudeih.

Cette localité "ne se trouve qu'à une soixantaine de kilomètres du plus important gisement pétrolier saoudien" et du monde, celui de Ghawar, a souligné M. Yawger, pour qui cet attentat aurait pu soutenir les cours dans le sens où il est préoccupant pour la sécurité de l'approvisionnement saoudien.

L'Arabie saoudite joue un rôle particulièrement important sur le marché pétrolier, car elle domine l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), dont le marché attend par ailleurs la prochaine réunion, le 5 juin.

Enfin, le marché a aussi subi un repli technique, probablement affecté par "quelques prises de bénéfices" après la hausse des précédentes séances, a jugé Carl Larry, de Frost à Sullivan. "On est de retour autour de 60 dollars le baril de brut (...) et les gens semblent penser que c'est un bon niveau, notamment à l'approche de la réunion de l'Opep".

Les investisseurs étaient par ailleurs particulièrement peu enclins à prendre des risques avant un week-end de trois jours, lundi étant férié aux Etats-Unis et dans plusieurs pays d'Europe, dont la France et le Royaume-Uni.

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