NOUVELLES
22/05/2015 09:50 EDT | Actualisé 22/05/2016 01:12 EDT

Des milliers de Kényans prêts à assister à la béatification d'une soeur italienne

Des dizaines de milliers de Kényans se préparent à assister samedi dans la ville de Nyeri (centre) à la béatification de Soeur Irene, une religieuse italienne décédée au Kenya il y a plus de 80 ans, une première dans l'histoire du pays d'Afrique de l'Est.

Selon les médias kényans, la foule se massait déjà aux alentours de l'université où sera célébrée la messe de béatification de cette membre italienne des soeurs de la Consolata, étape-clé avant une éventuelle canonisation.

Samedi matin, à partir de 10H00 (07H00 GMT), la cérémonie sera conduite par deux cardinaux, le Tanzanien Polycarp Pengo, de Dar es Salaam, et le Kényan John Njue, de Nairobi.

Arrivée au Kenya en 1915, elle commença par soigner, au Kenya et au Tanganyika voisin, les blessés des contingents africains de l'armée britannique pendant la Première guerre mondiale. Le Kenya était alors une colonie britannique. Le Tanganyika, future Tanzanie, était lui sous domination allemande mais le théâtre de batailles entre forces ennemies pour le contrôle de l'Afrique de l'Est.

Au sortir du premier conflit mondial, Soeur Irene s'était ensuite occupée des populations de la région de Nyeri, à quelque 150 km au nord de Nairobi, en plein pays de l'ethnie kikuyu, sur les contreforts du Mont Kenya.

Jouant à la fois les rôles d'infirmière, d'enseignante et d'assistante sociale selon les soeurs de la Consolata, la jeune femme, née en 1891 près de Brescia dans le nord de l'Italie et morte en 1930 au Kenya, était très respectée de la population locale qui la surnommait "Nyaatha" -- "mère toute de miséricorde" en langage kikuyu.

Pour sa béatification, le Vatican a validé un miracle au Mozambique survenu après sa mort.

C'était en 1989, pendant la guerre civile: des déplacés fuyant les combats s'étaient réfugiés dans une église à Nipepe, dans la région septentrionale de Niassa, et avaient prié en son nom. De l'eau s'était alors mise à couler du bénitier, leur évitant de mourir de soif.

A Nyeri, plus d'un millier de policiers ont été déployés pour assurer la sécurité samedi, selon la presse kényane.

"Nous avons déployé des policiers dans tous les endroits stratégiques pour faire en sorte que la sécurité ne soit en aucune façon compromise", a déclaré le chef de la police locale, Charles Rotich, au Daily Nation.

Dimanche, la dépouille de Soeur Irene, actuellement enterrée dans une chapelle proche de l'université de Nyeri, doit être transférée dans la cathédrale de la ville.

pjm/jm/aud/hba/dom