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22/05/2015 06:15 EDT | Actualisé 22/05/2016 01:12 EDT

Des courts-métrages pour entrer dans la cour des grands

Des rêves plein la tête, parfois quelques larmes sur l'oreiller, des centaines de jeunes auteurs de court-métrages ont passé tout le Festival de Cannes à guetter les pros.

Si l'Américaine Cheyanne, la Hongroise Andrea ou le Français Eric, la trentaine, rêvent de longs métrages, le format court est un passage incontournable pour montrer de quelle étoffe ils sont faits.

"Ca vous intéresse de visionner nos films?". Cheyanne Kane et Andrea Dimity habitent toutes les deux Los Angeles, mais se sont rencontrées à Cannes. Ensemble, elles tendent leur dépliant avec l'espoir de ferrer un acheteur ou un distributeur.

Ils étaient 2.420 à être accrédités pour montrer leur court métrage, dans un espace en marge du festival. Au cours d'une projection unique dans une petite salle de 3 à 9 places ou sur des écrans d'ordinateurs mis à disposition pour des curieux faisant la queue.

"Mon objectif est de pouvoir en vivre et créer mon propre studio", dit la réalisatrice Cheyanne, venue promouvoir son film de 8 minutes intitulé "Mon ange gardien" (trois jours de tournage et un budget de 65.000 dollars). Elle joue elle-même le rôle principal d'une femme marchant dans le désert avant de rencontrer un cadavre ensanglanté qui va lui parler.

- Internet, nouveau débouché -

La jeune femme timide est déçue de son séjour peu fructueux à Cannes. "J'ai pleuré toute une nuit, c'est dur de créer. Je suis artiste et pas femme d'affaires", glisse-t-elle.

Elle pense revenir à Cannes seulement si elle est sélectionnée pour la compétition de court-métrages qui départage cette année neuf réalisateurs.

Elle a déjà réalisé trois court-métrages et même un long-métrage. "Mon objectif c'est de gagner ma vie ainsi et créer mon propre studio", dit-elle.

La productrice hongroise Andrea, agent littéraire pour payer son loyer, a pour sa part gravité dans quelques déjeuners et fêtes, pour tendre sa carte de visite. Elle a parlé à deux organisateurs belge et italien de festivals de courts-métrages. Miroir aux alouettes ou pistes concrètes? L'avenir le dira.

Son oeuvre "Emma" (budget 85.000 dollars, équipe de 50 personnes) raconte en 13 minutes l'histoire d'une famille qui va arracher par la ruse les aveux d'un assassin...

Les courts métrages ont le vent en poupe à travers des plateformes internet comme YouTube, Netflix ou Amazon, ou encore les compagnies aériennes et les opérateurs de téléphonie mobile, assure-t-elle, confiante.

En comparaison, le Français Eric Truong fait figure de petit joueur avec son court métrage de 30 minutes réalisé avec un budget embryonnaire de 1.000 euros, ainsi que l'aide d'acteurs et de monteurs bénévoles.

"Aucun professionnel n'est venu" à son unique projection de "Projet Eve", histoire d'une équipe de scientifiques qui crée un robot. Mais il a pu le montrer sur ordinateur à une directrice des programmes de la chaîne française Canal+, rencontrée lors d'une conférence. Il a aussi parlé au directeur américain de "Shorts TV".

Acheteurs et distributeurs, plutôt "bienveillants" dit Eric, viennent échanger avec les jeunes talents lors de tables rondes ou petits-déjeuners. Sur un précieux tableau, une longue liste d'adresses mail, permet de tenter sa chance pour obtenir de véritables entretiens. Avant, peut-être un jour de monter les marches de Cannes.

cm/fmi/djb