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22/05/2015 12:58 EDT | Actualisé 22/05/2016 01:12 EDT

Colombie: les Farc mettent fin au cessez-le-feu après une attaque de l'armée

BOGOTA - Réagissant à une opération militaire qui a fait 26 morts dans leurs rangs, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), le plus important groupe rebelle colombien, met fin à une trêve unilatérale.Les Farc soutiennent qu'elles ne voulaient pas lever ce cessez-le-feu, en vigueur depuis cinq mois, mais que la pression constante de l'armée ne leur laisse pas le choix.Jeudi, au moins 26 guérilleros des Farc ont été tués dans une opération militaire dans le département du Cauca, dans l'ouest de la Colombie. Cette opération semble être une vengeance de gouvernement pour la descente furtive des rebelles menée le mois dernier, également dans le Cauca, sur une patrouille de l'armée. Dix soldats ont été tués, et le président, Juan Manuel Santos, a repris les frappes aériennes contre la guérilla, sabotant sa propre mesure de confiance.M. Santos a affirmé vendredi que l'armée avait saisi durant l'opération un important arsenal d'armes, qui comprend notamment 37 fusils d'assaut et une mitrailleuse M60. Les rebelles visés feraient partie du 29e front des Farc, l'unité qui a attaqué un poste de police sur l'île Gorgona en novembre. Le président n'a montré aucun signe de remord. Il a exhorté les Farc à accélérer les discussions de paix qui se tiennent depuis deux ans à Cuba.«Depuis le jour où la discussion a commencé à La Havane, j'ai été clair», a déclaré M. Santos, un ancien ministre de la Défense, à la télévision. «Les opérations de nos forces armées contre les rebelles n'arrêteront pas. Que personne ne se méprenne.»La déclaration, en décembre, d'une trêve unilatérale par les Farc a été une belle surprise pour beaucoup de Colombiens, mais elle n'a jamais été pleinement respectées par les quelque 7000 combattants sur le terrain, dont beaucoup sont isolés et épuisés après plus de dix ans d'offensives soutenues par les États-Unis.Ce geste a toutefois été perçu par plusieurs comme un signe qu'une entente de paix était imminente et que le conflit s'essoufflait.Les Farc ont pressé le gouvernement de se joindre à elles en déclarant un cessez-le-feu bilatéral, pour mettre fin à un conflit vieux d'un demi-siècle. Jusqu'à maintenant, le président a toujours rejeté une telle option.«Contrairement à ce que nous souhaitons, nous devons continuer le dialogue dans la confrontation», ont déclaré les Farc.