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22/05/2015 09:41 EDT | Actualisé 22/05/2016 01:12 EDT

Colombie: le processus de paix secoué par un raid contre les Farc

Le processus de paix colombien a connu vendredi une nouvelle secousse, au lendemain d'un raid aérien particulièrement meurtrier contre les Farc, un acte vivement condamné par la rébellion marxiste.

Les bombardements ont visé un campement des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) dans le département du Cauca, un de ses fiefs dans le sud-ouest du pays, coûtant la vie à au moins 18 guérilleros.

Cette attaque, menée conjointement par l'armée et la police, intervient un peu plus d'un mois après la levée par le président Juan Manuel Santos, du moratoire sur les bombardements contre les Farc.

"L'offensive se maintient jusqu'à ce que l'on parvienne à la paix qui sera conclue, espérons-le, le plus tôt possible", a réagi le chef de l'Etat, dans un message posté sur son compte Twitter.

"C'est le premier grand coup porté contre les Farc depuis que le président Santos a ordonné la reprise des attaques aériennes contre cette guérilla le 15 avril", a déclaré à l'AFP une source du ministère de la Défense, qui a requis l'anonymat.

La principale rébellion colombienne, qui compte encore près de 8.000 combattants repliés dans les zones rurales, a essuyé l'un de ses pires revers depuis le lancement de pourparlers de paix, ouverts à Cuba en novembre 2012.

- 'Démembrés par des bombes de 250 kilos' -

"La paix est l'unique chemin contre la barbarie. Plus de morts sans raison", a tempêté Pastor Alape, l'un des dirigeants des Farc à La Havane. Les guérilleros ont été abattus "sans pouvoir combattre, démembrés par des bombes de 250 kilos", a-t-il dénoncé, dans un message sur Twitter.

Selon ce dernier, onze soldats colombiens auraient aussi été tués lors d'affrontements consécutifs au raid. La trêve unilatérale, instaurée par les Farc depuis décembre, "est en train de devenir impossible", a-t-il averti.

Artisan de négociations de paix avec les Farc, M. Santos avait décidé de renouer avec les bombardements militaires après avoir reproché aux Farc d'avoir violé cette trêve avec une embuscade qui avait coûté la vie à onze militaires.

Cette rébellion assure qu'elle ne fait que répliquer aux offensives de l'armée, alors que le gouvernement exclut tout armistice avant la signature d'un accord de paix définitif pour mettre fin à un conflit de plus d'un demi-siècle, qui a fait officiellement quelque 220.000 morts.

Le raid militaire a coïncidé jeudi avec la reprise d'un nouveau cycle de discussions à Cuba, où sont réunies les délégations du gouvernement colombien et des Farc.

"Les deux camps ont certainement des motifs très forts pour continuer la négociation mais cela envoie un signal problématique, pour ne pas dire contradictoire, au moment où l'on attend plus de progrès pour une désescalade", a estimé auprès de l'AFP Christian Voelkel, représentant en Colombie de l'ONG Crisis Group International, spécialisée dans la résolution des conflits.

- 'Probablement une nouvelle flambée de violence' -

La politologue colombienne Laura Gil a également prédit "une crise dont nous sortirons" et "probablement une nouvelle flambée de violence".

Le campement des rebelles détruit par l'armée se trouvait dans la région de Guapi, à 480 kilomètres de Bogota, une zone où opèrent également des bandes de narco-trafiquants.

Après les bombardements, durant lequel deux guérilleros ont aussi été blessés, les forces de l'ordre ont mis la main sur un arsenal comprenant une mitrailleuse, ainsi que plusieurs fusils et pistolets.

Les autorités avaient pour cible une unité régionale des Farc accusée d'avoir perpétré l'an passé une attaque sur l'île colombienne de Gorgona dans le Pacifique au cours de laquelle avait été tué un officier.

L'île avait été fermée aux touristes à la suite de ce coup d'éclat inédit des rebelles qui avaient utilisé des embarcations rapides.

Peu près la reprise des raids aériens le mois dernier, l'armée avait déjà effectué un premier bombardement, dirigé contre une fabrique d'explosifs clandestine de la rébellion, tuant deux guérilleros.

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