NOUVELLES
22/05/2015 05:23 EDT | Actualisé 22/05/2016 01:12 EDT

Chine: 50 ans après, enterrement symbolique d'une victime de renom des purges maoïstes

Cinquante ans après sa disparition, une victime de premier plan des persécutions maoïstes s'est vue accorder un enterrement symbolique en Chine, mais la presse officielle a prévenu qu'il n'était pas question pour autant de réexaminer le passé.

Chu Anping, à l'époque rédacteur en chef de Clarté --Guangming en chinois, le quotidien des intellectuels-- avait été la première victime du mouvement "anti-droitier" --qui a décapité l'intelligentsia chinoise-- lancé en 1957 par Mao Tsé-toung, avant d'être à nouveau la cible de persécutions durant la Révolution culturelle en 1966.

Selon les versions, le journaliste se serait suicidé ou aurait été battu à mort par les gardes rouges, les troupes de jeunes étudiants et écoliers chargés par Mao d'éliminer les Chinois soupçonnés de tiédeur à son égard.

Son fils avait été informé de sa mort dans les années 1980. Mais sans que la dépouille de son père ne lui soit remise, ni que lui soient révélées les circonstances de son décès.

Sa famille a pu finalement inaugurer une tombe à Wuxi, dans la province du Jiangsu (est), dans laquelle elle a déposé des affaires personnelles de la victime à défaut de ses restes.

Son fils a déclaré à cette occasion que "aujourd'hui n'est pas une journée de tristesse, c'est un jour de commémoration, de mémoire", a rapporté le quotidien officiel Global Times dans son édition en chinois.

Mais le Parti communiste chinois (PCC), qui a réhabilité la plupart des quelque 550.000 victimes du mouvement anti-droitier, considère toujours Chu Anping comme un élément hostile, selon son histoire officielle.

"Quoi qu'il en soit, on ne doit plus se servir de Chu Anping" pour rouvrir les discussions sur "cette période très particulière, qui ne se répétera plus jamais", écrit le journal.

Chu avait écrit en 1957 un article si critique à l'égard du PCC qu'il aurait empêché Mao de dormir plusieurs jours. La réponse de Mao qui suivit dans le Quotidien du peuple avait lancé la répression, orchestrée alors par Deng Xiaoping.

Mao avait demandé quelques mois plus tôt aux intellectuels de s'exprimer sans craindre de critiquer le PCC, lançant le mouvement dit des "cent fleurs".

Les historiens chinois n'ont quasiment aucune latitude dans leurs recherches et leurs publications sur l'histoire du régime en dehors des versions officielles.

bdh/slb/ple/seb