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21/05/2015 21:32 EDT | Actualisé 21/05/2016 01:12 EDT

Chili : Bachelet annonce la gratuité pour 60% des étudiants les plus pauvres en 2016

La présidente chilienne Michelle Bachelet a annoncé jeudi la gratuité des études pour 60% des étudiants les plus pauvres à partir de 2016, dans le cadre d'une réforme de l'éducation au coeur de son programme mais éclipsée récemment par une crise de confiance au sein du gouvernement.

Dans un discours à la nation de près de deux heures depuis le Congrès réuni au grand complet à Valparaiso (120 km à l'ouest de Santiago), la présidente socialiste a précisé que la mesure bénéficiera à quelque 260.000 étudiants les plus pauvres du pays.

"Ceci est cohérent avec ce que nous avons proposé, et nous allons continuer à progresser régulièrement vers la gratuité universelle", a déclaré la présidente, ajoutant qu'elle espérait que vers la fin de sa présidence, en 2018, 70% du groupe d'étudiants les plus vulnérables profitent de la gratuité de l'enseignement, pour atteindre 100% en 2020.

Les étudiants chiliens réclament une éducation publique de qualité et une réforme en profondeur d'un système éducatif largement privatisé et inégalitaire, hérité de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990).

Quelques 6.000 personnes, en majorité des étudiants, ont manifesté près du Parlement pendant le discours de Mme Bachelet, réclamant une plus grande participation au processus de réforme. Des échauffourées ont ensuite opposé des manifestants et des policiers, faisant 20 blessés, dont un étudiant gravement blessé à la tête, selon la police qui a indiqué avoir arrêté 37 personnes.

En janvier, la première partie de la réforme de l'éducation, mettant fin à la sélection des étudiants et aux profits dans les écoles subventionnées par l'Etat, a été approuvée.

Plusieurs milliers d'étudiants s'étaient déjà rassemblés la semaine dernière devant le Congrès de Valparaiso en hommage aux deux étudiants tués dans la ville lors d'une précédente manifestation nationale autour de la réforme de l'éducation.

La présidente Bachelet a procédé récemment à un remaniement ministériel pour tenter de désamorcer la profonde crise de confiance provoquée par plusieurs cas de corruption, dont l'un impliquant son propre fils.

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