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22/05/2015 04:20 EDT | Actualisé 22/05/2016 01:12 EDT

Cameron prédit "des hauts et des bas" dans les pourparlers sur sa réforme de l'UE

Le Premier ministre britannique David Cameron a prédit vendredi "des hauts et des bas" dans la négociation sur la réforme de l'UE, qu'il devait aborder avec ses pairs au sommet européen de Riga.

"Il y aura beaucoup de bruit, beaucoup de hauts et de bas chemin faisant", a-t-il déclaré, tout en se disant "déterminé" à réaliser cette réforme avant un référendum vers la fin de 2017 sur un éventuel "Brexit", autrement dit la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

"Il est dans l'intérêt de la Grande-Bretagne que cela soit un succès", a ajouté M. Cameron, avant de rejoindre les autres dirigeants de 28 pays membres de l'UE et ceux de six pays de l'ex-URSS.

M. Cameron, qui doit se rendre à Paris et Berlin à la fin de la semaine prochaine pour en discuter, aspire à rapatrier certains pouvoirs de Bruxelles à Londres et à durcir les conditions d'accès aux aides sociales pour les immigrés de l'UE, notamment en provenance des pays de l'Est, ce qui hérisse Varsovie, Bratislava et Budapest.

Le voyage du Premier ministre britannique à Riga est son premier déplacement officiel à l'étranger depuis sa réélection triomphale début mai, qui a apporté une courte majorité absolue à son parti conservateur.

Entamé jeudi soir par un dîner informel, le sommet européen de Riga doit surtout porter sur le partenariat avec l'Est, mis à mal par la crise ukrainienne, conséquence du refus de la Russie d'accepter ce qu'elle voit comme une réduction de sa zone d'influence.

Mais en l'absence d'avancées concrètes dans ce domaine, M. Cameron et son homologue grec Alexis Tsipras, qui a rencontré jeudi soir la chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande, se sont retrouvés sur le devant de la scène.

A son arrivée vendredi matin à Riga, M. Cameron a affirmé qu'en "travaillant ensemble", les 28 étaient en mesure d'"améliorer l'Union européenne".

"Aujourd'hui, je vais commencer sérieusement à discuter avec les autres dirigeants pour réformer l'UE et renégocier la relation du Royaume-Uni avec" l'Union, a ajouté M. Cameron dans des propos diffusés par ses services.

Quant au thème central du sommet, les dirigeants de l'UE, Angela Merkel en tête, ont assuré dès jeudi soir qu'ils renforceraient leur coopération avec les pays de l'Est eux mais douché tout espoir d'adhésion, de quoi apaiser la Russie, hostile à toute "intrusion" dans sa sphère d'influence.

"Le Partenariat oriental n'est pas un instrument d'élargissement de l'Union européenne mais de rapprochement avec l'Union européenne", a insisté la chancelière allemande en arrivant à Riga.

- 'Fausses attentes' -

"Nous ne devons pas éveiller de fausses attentes auxquelles plus tard nous ne serons pas en mesure de répondre", a-t-elle ajouté, alors que l'Ukraine, la Moldavie et la Géorgie, soutenues par leurs voisins baltes et polonais, clament haut et fort leur volonté d'entrer dans l'UE.

Ce projet "n'est dirigé contre personne, notamment pas contre la Russie", a toutefois insisté la chancelière, tout en rappelant qu'un retour de ce pays au sein du G7, le club de sept des pays les plus industrialisés de la planète, n'était "pas imaginable" pour l'instant en raison de son soutien aux séparatistes dans l'Est ukrainien.

"L'Union maintiendra le cap (du Partenariat avec l'Est) malgré les intimidations, l'agression", a renchéri le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, soucieux de tendre la main à des voisins très inquiets face aux affirmations de puissance de Vladimir Poutine. Il les a toutefois invités à se montrer patients.

La dette grecque s'est aussi invitée dans la capitale lettonne où la chancelière allemande et le président français se sont entretenus longuement en fin de soirée de cette question brûlante avec le Premier ministre grec Alexis Tsipras.

Mme Merkel a déclaré vendredi qu'il restait "encore beaucoup à faire" sur ce dossier.

"Ce fut un échange très amical, constructif mais il est aussi clair qu'il faut continuer à travailler avec les trois institutions (UE, FMI, BCE). Il reste encore beaucoup à faire", a-t-elle déclaré avant le début des travaux du sommet.

La Grèce négocie péniblement un accord avec ces trois institutions pour obtenir les 7,2 milliards d'euros restants d'un deuxième programme d'aide qui expire fin mai.

Elle doit aussi procéder à un gros remboursement auprès du FMI le 5 juin, qu'elle pourrait être dans l'incapacité de faire faute d'un accord d'ici là sur une aide financière.

via-vl/at