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22/05/2015 09:22 EDT | Actualisé 22/05/2016 01:12 EDT

Burundi: le patron d'un média privé ressort libre d'une audition par le parquet

Le patron de la Radio-Télé Renaissance, média privé détruit durant le coup d'État manqué au Burundi les 13 et 14 mai, est ressorti libre vendredi du tribunal où il était convoqué par le parquet , a constaté un journaliste de l'AFP.

L'interrogatoire de trois heures, par trois magistrats du parquet, "était en rapport avec la diffusion du message du général (Godefroid) Nyombare", chef des mutins, a expliqué Innocent Muhozi, en sortant du tribunal de Bujumbura.

Radio-Télé Renaissance, comme les radios RPA - la plus écoutée du pays - Isanganiro et Bonesha FM, avait diffusé le 13 mai un message enregistré du général Nyombare, annonçant la destitution du président Pierre Nkurunziza. Les locaux de ces quatre médias, ainsi que ceux de la radio privée Rema, proche du parti présidentiel Cndd-FDD, ont été détruits pendant le coup d'Etat, avant que les forces loyales au chef de l'Etat ne prennent le dessus sur les soldats putschistes le 14 mai.

"C'était correct. Il n'y avait pas d'accusations très précises (...) c'était surtout pour vérifier pourquoi on avait diffusé ce message; nous avons dit que nous l'avons fait pour des raisons professionnelles", a-t-il ajouté, sans savoir s'il serait reconvoqué ultérieurement ou poursuivi.

Renaissance, RPA, Insanganiro, Bonesha et Rema n'émettent plus depuis la destruction de leurs locaux et d'une partie ou de la totalité de leur matériel.

M. Muhozi avait dit craindre jeudi que la justice burundaise ne l'accuse de complicité dans le coup d'État pour avoir diffusé le message du général Nyombare sur ses antennes. "Tous mes collègues sont en fuite", avait souligné M. Muhozi, "les patrons d'Isanganiro, RPA, Bonesha ne sont plus" à Bujumbura, en raison de menaces.

La présidence burundaise a assuré que les radios privées pouvaient réémettre. Mais les locaux de Renaissance, Bonesha FM, RPA et Isanganiro restent bouclés par la police - "à des fins d'enquête", sur "le rôle de tous les médias privés dans la crise, sur une évaluation des dégâts subis (par les médias) et l'identification des auteurs de ces dégâts", selon la présidence burundaise.

"La présidence a fait semblant de condamner, elle a dit que nous pouvons recommencer à émettre quand nous voulons, mais c'est une vaste blague", avait dénoncé mardi M. Muhozi.

Ces quatre radios - les quatre principaux médias d'information indépendants au Burundi - étaient déjà, avant le coup, dans le collimateur des autorités, qui leur reprochaient de relayer les appels aux manifestations contre un troisième mandat du président Nkurunziza qui secouent Bujumbura depuis le 26 avril.

La RPA avait été fermée par les autorités le 27 avril et les émetteurs en province de Renaissance, Bonesha et Insanganiro coupés.

esd-ayv/aud/dom