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22/05/2015 07:56 EDT | Actualisé 22/05/2016 01:12 EDT

Adoption d'une loi anticorruption: l'Italie, "patrie de la légalité" (Renzi)

Le Premier ministre italien Matteo Renzi s'est réjoui vendredi que son pays "redevienne la patrie de la légalité" après l'adoption par le Parlement d'une loi anticorruption, renforçant notamment les peines contre les délinquants et allongeant le délai de prescription.

La Chambre des députés a adopté jeudi soir ce projet de loi, en gestation au parlement depuis deux ans et dont M. Renzi avait fait une priorité cet hiver, après la révélation de l'existence d'un vaste réseau mafieux à Rome impliquant des élus locaux de tous bords.

Des mots comme "faux en bilan et blanchiment d'argent" reviennent dans "le vocabulaire de la politique italienne", s'est réjoui Matteo Renzi au sommet européen de Riga.

Pour le ministre de la Justice Andrea Orlando, "l'approbation de la loi anticorruption représente un pas très important car désormais, le pays possède des instruments plus forts pour contrer la corruption et la mafia".

La nouvelle loi, qui doit encore être signée par le président de la République pour être effective, prévoit notamment des condamnations plus sévères pour les "délinquants en col blanc".

Ainsi, en cas de corruption, la peine passe de 6 à 10 ans de prison, tandis que les condamnations pour association mafieuse sont également plus lourdes: de 10 à 15 ans pour un simple membre de clan, de 12 à 18 ans pour un responsable.

Le délai de prescription passe de 10 à 18 ans, tandis que l'infraction pour faux en bilan, qui avait été supprimée sous les gouvernements dirigés par Silvio Berlusconi, est réintroduite.

Les collaborateurs de justice bénéficieront d'une réduction de peine.

Les chefs d'entreprise condamnés pour corruption seront interdits de participation à des appels d'offres dans l'administration publique pendant cinq ans.

En outre, cette loi vise à éviter que les négociations de peines permettent à des corrompus d'échapper à la prison et de ne restituer qu'une partie des sommes.

"Les corrompus paieront tout, jusqu'au dernier centime et jusqu'au dernier jour" de prison, avait annoncé en décembre M. Renzi, en répétant son indignation de voir que sur les quelque 50.000 personnes détenues en Italie, 257 seulement l'étaient pour corruption.

A Rome, une centaine d'entrepreneurs et de responsables politiques, dont l'ex-maire Gianni Alemanno (droite, 2008-2013), sont visés par une enquête ayant mis au jour un vaste système permettant de fausser de nombreux appels d'offres et de bénéficier de fonds publics destinés par exemple à des centres d'accueil pour réfugiés.

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