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22/05/2015 17:40 EDT | Actualisé 22/05/2016 01:12 EDT

0,8%: le taux d'inflation du mois d'avril à son plus bas depuis octobre 2013

OTTAWA - L'Indice des prix à la consommation (IPC) a enregistré sa hausse la plus faible depuis octobre 2013, avec une augmentation de 0,8 pour cent au cours de la période de 12 mois se terminant en avril.L'analyse de l'inflation par Statistique Canada, publiée vendredi, moins d'une semaine avant la prochaine annonce prévue de la Banque du Canada sur les taux d'intérêt, est beaucoup plus basse que la progression de 1,2 pour cent enregistrée en mars.Les données sont toutefois faussées par une chute marquée des prix de l'énergie.Par rapport à l'année précédente, les prix de l'essence ont en effet diminué de 21 pour cent en avril, alors que le mazout a chuté de 20 pour cent et le gaz naturel de 14,6 pour cent. Statistique Canada indique que les prix dans toutes les autres catégories de consommation ont augmenté, note Jimmy Jean, économiste principal au Mouvement Desjardins.«Lorsqu'on exclut l'énergie, l'inflation de base est à 2,1 pour cent, ce qui est très près de la cible de la Banque du Canada. La Banque va probablement être un peu soulagée par ces données, elle qui répète depuis un certain temps que l'inflation avait été maintenue artificiellement vers le haut à cause d'effets temporaires et là, on voit une certaine accalmie», a-t-il indiqué en entrevue avec La Presse Canadienne.Un de ces effets temporaires est la chute du dollar, qui gonfle le prix des biens importés. Certaines catégories de biens importés, dont les vêtements et les frais de voyage, qui avaient connu une poussée inflationniste, ont été ramenées à des niveaux plus supportables, note l'économiste.«C'est peut-être un signe avant-coureur que l'effet de transmission vers le consommateur de la dépréciation de la devise commence à s'estomper», a expliqué M. Jean.En contrepartie, la baisse des prix de l'énergie est compensée par une hausse de prix dans les sept autres catégories principales de l'indice.La viande encore chèreLes articles dont les prix ont le plus augmenté sont la viande, avec 11,2 pour cent de hausse, le loyer et l'hypothèque, avec 8,6 pour cent, et les services téléphoniques, avec 6,3 pour cent.Selon l'agroéconomiste Charles-Félix Ross, de l'Union des producteurs agricoles (UPA), le prix élevé de la viande s'explique par le fait que la demande mondiale augmente, notamment en Chine, alors que l'offre de boeuf et de porc a été gravement affectée aux États-Unis, créant une rareté.Dans le cas du boeuf, le cheptel américain a été décimé il y a quelques années par une sécheresse, alors que le porc a plus récemment été ravagé par la diarrhée épidémique du porc (DEP).«Le prix du boeuf est encore très élevé parce que ça prend beaucoup de temps — près de trois ans — avant de mener un veau à un boeuf commercialisable», fait valoir M. Ross.«La production porcine a réussi à combler les pertes et les prix ont baissé de façon très importante depuis l'augmentation de l'été passé; normalement, du côté du porc, les prix devraient revenir à des niveaux plus normaux durant la prochaine année», a-t-il indiqué.Charles-Félix Ross précise toutefois que les marchés des différents types de viande sont interdépendants car, si le prix du boeuf demeure élevé, par exemple, la demande pour les autres viandes comme le porc ou le poulet augmente, ce qui met une pression à la hausse sur leur prix également.Il ajoute qu'un autre facteur a poussé les prix à la hausse, soit la chute du dollar canadien, puisque la viande est transigée à l'échelle nord-américaine, où les prix sont fixés en dollars américains.Sept provinces ont enregistré une hausse des prix, mais Terre-Neuve-et-Labrador, l'Île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick ont connu une déflation. La Saskatchewan a connu l'inflation la plus importante, avec 1,4 pour cent.L'indice de référence de la Banque du Canada a progressé de 2,3 pour cent au cours de la période de 12 mois se terminant en avril, après avoir augmenté de 2,4 pour cent en mars.