POLITIQUE
20/05/2015 10:23 EDT

«Si j'ai bien compris, vous êtes en train de me dire: à la prochaine fois», prononçait René Lévesque il y a 35 ans (VIDÉO)

C'était il y a 35 ans: à l'invitation du Parti québécois qui était sous la gouverne de René Lévesque, le Québec votait son premier référendum sur la souveraineté.

Le 20 mai 1980, avec un taux de participation de 85,6%, les Québécois se prononçaient à 59,5 % contre le projet de souveraineté en répondant à la question suivante:

«Le Gouvernement du Québec a fait connaître sa proposition d'en arriver, avec le reste du Canada, à une nouvelle entente fondée sur le principe de l'égalité des peuples; cette entente permettrait au Québec d'acquérir le pouvoir exclusif de faire ses lois, de percevoir ses impôts et d'établir ses relations extérieures, ce qui est la souveraineté, et, en même temps, de maintenir avec le Canada une association économique comportant l'utilisation de la même monnaie; aucun changement de statut politique résultant de ces négociations ne sera réalisé sans l'accord de la population lors d'un autre référendum; en conséquence, accordez-vous au Gouvernement du Québec le mandat de négocier l'entente proposée entre le Québec et le Canada?»

En soirée, les partisans de la formation souverainiste étaient amassés par dizaine de milliers au Centre Paul-Sauvé. René Lévesque, ébranlé, doit s'adresser à une nation québécoise déchirée, mais devant une foule qui l'acclame.

Voici, en dix citations, l'essentiel du discours de René Lévesque, disponible en visionnement en tête de l'article.

1. «Si j’ai bien compris, mes chers amis, si je vous ai bien compris, vous êtes en train de dire à la prochaine fois

2. «Et en attendant, avec la même sérénité que tout notre comportement pendant la campagne, il faut quand même avaler la défaite cette fois-ci, c’est pas facile.»

3. «Je m’excuse d’avoir attendu pour venir vous trouver; je dois vous avouer qu’on continue à espérer pendant longtemps … parce que c’est, je dois vous dire que c’est dur, ça fait plus mal, ça fait mal plus profondément que n’importe quelle défaite électorale, et je sais de quoi je parle.»

4. «En attendant de voir ce qui s’ensuivra, cette victoire du NON, même si je dois le répéter [...] cette campagne scandaleusement immorale du fédéral lui-même; cette campagne par laquelle on a piétiné, sans la moindre hésitation, toutes les règles du jeu que nous nous étions données entre Québécois, cette victoire du NON malgré tout il faut l’accepter.»

5. «En tout cas, jusqu’aux prochaines élections, je peux vous assurer que le gouvernement va tâcher d’être vigilant comme jamais, pour qu’au moins tous les droits actuels du Québec soient respectés et que tout changement ne prétende pas empiéter d’aucune façon sur cette marge d’autonomie que le Québec, de peine et de misère, a réussi à s’assurer.»

6. «Acceptons le résultat puisqu’il le faut mais ne lâchons pas et ne perdons jamais de vue un objectif aussi légitime, aussi universellement reconnu entre les peuples et les nations que l’égalité politique, ça viendra.»

7. «Et maintenant, à toutes celles et à tous ceux qui ont fait cette admirable campagne du OUI qui va rester pour quiconque y a participé, le souvenir le plus inoubliable de ferveur, d’honnêteté, de fierté justifiée et malgré les calomnies, d’une fierté fraternelle et ouverte aux autres, je vous dis : gardez-en le souvenir mais gardez l’espoir aussi.»

8. «Aujourd’hui, du fond de la conscience que j’ai, et de la confiance que j’ai aussi dans l’évolution du Québec qui va se poursuivre, il faut dire que ce 20 mai 1980 restera peut-être comme un des derniers sursauts du vieux Québec qu’il faut respecter; on est une famille très évidemment encore divisée à ce point de vue là.»

9. «Mais j’ai confiance qu’un jour il y aura un rendez-vous normal avec l’Histoire que le Québec tiendra, et j’ai confiance qu’on sera là ensemble pour y assister.»

10. «Avec la même fondamentale confiance en nous et tenant compte du fait que demain il faut continuer à vivre ensemble, et qu’il y a très évidemment de grosses divisions entre nous, est-ce qu’on pourrait terminer un peu cette soirée en chantant pour tout le monde ce qui reste la plus belle chanson québécoise : "Gens du pays".»

Revoyez le discours de René Lévesque en tête de l'article.

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