Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.

Un scientifique à la retraite de Pêches et Océans Canada critique Ottawa

Un biologiste de Pêches et Océans Canada qui vient de prendre sa retraite dénonce le musellement des scientifiques qui travaillent au gouvernement fédéral.

Steve Campana est un expert sur les requins reconnu mondialement. Il a travaillé pendant 32 ans au ministère fédéral des Pêches.

Il profite de son départ et de sa liberté de parole retrouvée pour déplorer que les scientifiques au fédéral soient empêchés de parler publiquement des résultats de leurs recherches, même lorsque ces résultats ne mettent aucunement en question les politiques gouvernementales. Il donne comme exemple des résultats de recherches qui permettent de mesurer l'âge de crustacés et qui pourraient mener à une meilleure gestion de la pêche.

« C'est difficile à comprendre, dit-il. On dirait que c'est simplement une question de contrôle. Ce serait compréhensible si vous parliez d'un sujet controversé. Les élus auraient alors bien raison de vouloir s'assurer qu'il n'y a pas de déclarations critiques à propos des politiques gouvernementales. Mais lorsqu'on impose le silence sur de simples faits, ça n'a aucun sens. »

Mis à part les limites à leur liberté d'expression, les scientifiques du fédéral font face à des contraintes financières importantes, selon M. Campana. Ils doivent souvent trouver leurs propres sources de financement pour leurs travaux et les déplacements sont souvent refusés.

« Nous en sommes rendus au point où la vaste majorité de nos scientifiques d'expérience se préparent à partir, écoeurés comme je le suis par la façon dont les choses ont évolué. Et je ne pense pas qu'il y a moyen de renverser la vapeur. » — Steve Campana, biologiste à la retraite de Pêches et Océans Canada

Les syndicats du secteur public organisent des ralliements à Ottawa mardi pour protester, justement, contre les limites à la liberté d'expression des fonctionnaires.

Selon Peter Beyer, consultant auprès de l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada, les anecdotes de scientifiques désabusés se font plus fréquentes. « La situation a clairement empiré [...] Le problème, c'est que cela a créé une atmosphère qui touche non seulement ceux qui sont directement touchés [par les limites à la liberté d'expression], mais aussi tous ceux qui en entendent parler [...] C'est ce qu'on appelle un effet paralysant. »

Envoyer une correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.