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19/05/2015 08:30 EDT | Actualisé 19/05/2016 01:12 EDT

Ukraine: le gouvernement envisage un moratoire sur le paiement de sa dette extérieure

Le gouvernement ukrainien envisage un moratoire sur le paiement de sa dette extérieure au moment où le pays au bord du défaut de paiements négocie âprement la restructuration de sa dette abyssale, a indiqué le ministère des Finances.

Le gouvernement a soumis mardi au Parlement un projet de loi lui donnant le droit d'introduire "en cas de besoin" un tel moratoire "afin de défendre les intérêts du peuple ukrainien", selon un communiqué du ministère des Finances.

Les députés devraient examiner le texte à partir de 15H00 locales (12H00 GMT).

"L'Ukraine est dans une situation économique très difficile et le paiement de la dette extérieure est une question de la justice", selon ce communiqué qui souligne que la dette avait augmenté de 40 milliards de dollars sous le régime prorusse de Viktor Ianoukovitch renversé en février 2014 après trois mois de contestation pro-européenne sur le Maïdan, réprimée dans le sang.

L'Ukraine qui doit rembourser dans les quatre ans à venir 30 milliards de dollars de la dette en devises espère obtenir la restructuration de 15,3 milliards de dollars lors de négociations qu'elle mène depuis mars avec ses créanciers.

Confrontées à un nouvel effondrement spectaculaire du produit intérieur brut (-17,6% au premier trimestre par rapport à un an plus tôt), les autorités ukrainiennes sont pressées d'obtenir cette bouffée d'oxygène face aux institutions financières privées qui renâclent à participer à l'effort massif des Occidentaux pour éviter à Kiev la faillite.

Etranglée financièrement après près de trois ans de récession et un an de guerre dans l'Est industriel qui lui a fait perdre le quart de ses exportations, l'Ukraine bénéficie d'un plan d'aide orchestré par le Fonds monétaire international (FMI) de 17,5 milliards de dollars sur quatre ans, dont elle a reçu en mars cinq milliards.

Pour redresser l'Ukraine, l'aide de ses soutiens occidentaux doit être complétée par les créanciers privés, appelés à renoncer à une partie de leur mise, alors que la dette publique devrait atteindre selon le FMI 94% du PIB cette année.

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