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19/05/2015 15:07 EDT | Actualisé 19/05/2016 01:12 EDT

«Sicario», un travail d'équipe selon le réalisateur québécois Denis Villeneuve

CANNES, France - Le cinéaste québécois Denis Villeneuve, dont le film «Sicario» semble avoir été accueilli chaleureusement au Festival de Cannes mardi matin, croit avoir réalisé sa meilleure oeuvre en grande partie grâce à l'équipe qui l'entourait.En conférence de presse tout juste après la projection de son film, le réalisateur a expliqué que «Sicario» était d'abord le résultat d'un «pur travail d'équipe» dans lequel tous les artisans ont pu contribuer.«C'est difficile pour mon ego de dire cela (...) Mais je suis ici à cause d'eux», a-t-il lancé en pointant ses trois acteurs principaux, Benicio Del Toro, Emily Blunt et Josh Brolin, ainsi que son directeur de la photographie, Roger Deakins, qui étaient à ses côtés.Villeneuve a affirmé qu'il avait déjà une idée claire de ce qu'il souhaitait faire au début, mais que le produit final avait été enrichi par ce «processus collaboratif», a-t-il expliqué. Il a ajouté qu'il avait réussi à réunir des gens de talent qu'il avait su encourager pour qu'ils donnent le meilleur d'eux-mêmes.«Tout le monde a donné ses idées. C'était un beau moment de création», a-t-il indiqué avec un large sourire.Il considère tout de même avoir conçu un film «très près de lui» sur le plan cinématographique. «Je l'ai fait sans compromis, en toute liberté», a-t-il confié. L'acteur américain Josh Brolin, qui a avoué avoir refusé le projet au départ, estime toutefois qu'il faut redonner tout le crédit à Villeneuve. Il l'a comparé à un «enseignant» qui transmet ses notions aux acteurs.«Il sait exactement où il s'en va, mais il veut que ça vienne des acteurs (...) Tu penses que l'idée vient de toi, et tu te dis "une chance que je suis sur le plateau". Et après, quand j'ai regardé le film, j'ai compris que ça n'avait rien à voir avec moi», a-t-il rigolé.Emily Blunt et Benicio Del Toro ont eux aussi eu l'occasion de saluer le talent de Denis Villeneuve, qu'ils ont décrit comme un cinéaste «intelligent» et «sensible».«Sicario», qui est dans la course pour remporter la Palme d'Or du festival, porte sur le cartel de la drogue à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, un sujet qui touchait particulièrement le réalisateur québécois.«Nous savons qu'il y a beaucoup de violence là-bas. Et je partage la responsabilité de cette violence en tant que Nord-Américain», a-t-il expliqué à une journaliste espagnole qui lui demandait pourquoi il se sentait si interpelé par cet enjeu.«Cette violence est passée sous silence et c'est encore plus horrible ainsi (...) On devrait faire plus de films sur cette question», a-t-il conclu.Le Festival de Cannes remettra la Palme d'Or dimanche.