NOUVELLES
19/05/2015 15:48 EDT | Actualisé 19/05/2016 01:12 EDT

Polémique sur une remise de peine pour un pédophile en Argentine

Un pédophile condamné pour le viol d'un garçon de six ans a bénéficié d'une remise de peine qui a déclenché une polémique en Argentine : deux juges ont en effet estimé que le traumatisme était moindre car l'enfant avait déjà subi un viol.

La décision de ces magistrats a provoqué un scandale dans leur pays. La Fédération des Gays et Lesbiens, Bisexuels et Transsexuels (FALGBT) et le gouvernement ont demandé qu'ils soient sanctionnés.

Anibal Fernández, le chef du gouvernement argentin, a qualifié ce jugement d'"énormité" et d'"atrocité", considérant qu'il s'agit d'un "double outrage".

"Nous sommes entre les mains de cinglés", a-t-il déclaré, jugeant les magistrats "hors-la-loi".

Les juges Horacio Piombo et Benjamin Sal Llargués ont réduit de six ans à trois ans et deux mois la peine de prison de Mario Tolosa, vice-président d'un petit club de football d'une banlieue de Buenos Aires, pour une agression sexuelle datant de 2011 sur cet enfant, qui jouait dans le club.

Ils ont statué que l'enfant ayant auparavant été violé par son propre père - qui est en prison pour cela -, il ne pouvait pas être de nouveau violé, mais seulement abusé.

"Il est clair que l'orientation sexuelle du mineur était déjà définie au moment des faits", ont par ailleurs écrit ces magistrats dans leur jugement, faisant référence aux témoignages selon lesquels le père de la victime le forçait a se travestir.

Interviewé par une radio, Horacio Piombo a maintenu sa position en expliquant qu'en vertu du code pénal, "il n'y a pas de circonstances aggravantes puisque la victime a vécu la situation avant avec un autre bourreau".

"Le plus humiliant (pour l'enfant) a été quand son père l'a initié à ces pratiques aberrantes", a déclaré Horacio Piombo.

Le Parquet, qui considère que le jugement est "pervers et irrationnel", a fait appel de la décision.

La FALGBT a dénoncé ce jugement rendu par la chambre de cassation de la province de Buenos Aires et a demandé la destitution des deux magistrats.

Une plainte avait déjà été déposée contre Horacio Piombo et Benjamin Sal Llargues en 2011.

"Ce n'est pas la première fois que ces deux juges prennent des décisions controversées. Ils l'avaient déjà fait en 2011 en considérant l'origine socio-économique des victimes comme une circonstance atténuante dans des cas d'abus sexuels", a rappelé Esteban Paulón, le président de la FALGBT.

Le jugement rendu par les deux magistrats argentins, a-t-il ajouté, "est incompréhensible, inexplicable, il ignore les principes de base des droits de l'enfant. C'est une double peine. Il ne manquerait plus qu'ils disent qu'il a pris du plaisir".

ls/sa/ja/str/ap/ka/bds