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19/05/2015 07:52 EDT | Actualisé 19/05/2016 01:12 EDT

Pakistan: perquisition dans une société soupçonnée d'un réseau mondial de "faux diplômes"

Des enquêteurs pakistanais ont arrêté deux personnes et saisi du matériel informatique lors d'une perquisition mardi dans les bureaux d'une société de logiciels accusée par le New York Times d'avoir organisé un juteux réseau mondial de vente en ligne de faux diplômes universitaires.

Le groupe Axact, basé à Karachi (sud), recrute depuis plus d'un an et au prix fort des personnalités connues du monde du journalisme au Pakistan pour lancer sa future chaîne télévisée Bol ("parole", en ourdou) et devenir le premier groupe de médias dans ce pays de près de 200 millions d'habitants.

Mais cette société qui entend "révolutionner" le paysage médiatique du Pakistan a été étrillée lundi dans une enquête du New York Times affirmant qu'elle a orchestré un réseau mondial de vente en ligne de faux diplômes, estampillés d'universités qui affichent des sites internet attrayants mais qui en fait n'existent pas.

Mardi, après l'annonce d'une enquête par le ministre de l'Intérieur pour voir si ce groupe avait porté préjudice à "l'image du Pakistan", des hommes de l'Agence fédérale d'investigation (FIA) ont perquisitionné son QG, confisquant des ordinateurs et recueillant des données diverses, ont indiqué à l'AFP des sources proches du dossier.

Une autre perquisition dans les bureaux du groupe à Rawalpindi, ville voisine de la capitale Islamabad, a quant à elle mené à l'arrestation de deux personnes dont l'identité n'a pas été dévoilée.

"Notre équipe recueille des pièces à conviction. Notre chef va rendre public plus tard les détails de ces raids", a indiqué Mehmood ul Hassan, directeur intérimaire de la branche de la FIA spécialisée dans les crimes en ligne.

Selon un responsable de la FIA requérant l'anonymat, les fraudes évoquées par le NY Times sont passibles de sept ans de prison en vertu des lois pakistanaises sur la cybercriminalité.

Axact avait répliqué lundi à l'enquête du New York Times en annonçant le dépôt d'une plainte en justice contre cet article selon elle "diffamatoire", et en dénonçant une campagne orchestrée par ses concurrents au Pakistan face au "succès" annoncé de sa future chaîne Bol qui doit être lancée cet été.

Au Pakistan, pays où la concurrence médiatique est féroce, le New York Times est distribué avec le journal Express Tribune, propriété de la société Express Media Group, un concurrent direct de Bol.

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