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19/05/2015 14:00 EDT | Actualisé 19/05/2016 01:12 EDT

Le « Quinze40 » sera un mégacentre de divertissement

C'est demain qu'aura lieu le dévoilement officiel du projet Royalmount, un pôle urbain multifonctionnel de 1,7 milliard de dollars en plein coeur de l'île de Montréal, que certains appellent le « Quinze40 ». Mais ce n'est pas tout. Selon ce qu'a appris Radio-Canada, l'un des actionnaires de Carbonleo, l'entreprise derrière Royalmount, a mis la main sur plusieurs terrains au cours des cinq dernières années. Et le projet n'est peut-être pas celui que l'on pensait au départ.

Un texte de Louis-Philippe Ouimet

Depuis 2007, l'homme d'affaires Andrew Lutfy a acheté beaucoup de terrains à Mont-Royal, l'équivalent de 10 % de son quartier industriel. Or, ce n'est pas l'activité industrielle qui l'intéresse. Le propriétaire du groupe Garage et dynamite veut investir dans le divertissement, ce qui nécessitera un zonage commercial. 

Sur la carte ci-dessus, il est possible de voir les nombreux achats notariés faits par le biais de compagnies à numéro appartenant à Andrew Lutfy. Tous sont zonés industriels. Et ce n'est que très récemment qu'il a ajouté au casse-tête un morceau très important.

En février dernier, l'entrepreneur a acheté la grande parcelle de terrain située au coin des autoroutes 15 et 40. Si tous ces terrains changent de zonage, ils pourraient devenir une bonne affaire. 

Carbonleo se fait discrète 

Le maire de Mont-Royal, Philippe Roy, a eu droit en novembre dernier, avec son caucus, à une présentation privée du projet. Le maire a été charmé.

Carbonleo a refusé d'accorder une entrevue à Radio-Canada. Dans un message daté du 5 mai, il précise : « Le dévoilement public par le promoteur devrait avoir lieu dans quelques semaines. » Comment expliquer ce mutisme d'ici l'annonce officielle?

Selon l'avis de Sylvain Savignac, évaluateur agréé chez Devimo inc., cette réserve permettrait d'éviter la spéculation ou la surenchère. « C'est important d'être discret et de faire signer des ententes de confidentialité avec les vendeurs potentiels », affirme-t-il.

Ce projet a fait couler beaucoup d'encre depuis son annonce. Des commerçants craignent non seulement la compétition, mais aussi les embouteillages dans ce secteur déjà très achalandé.

Mont-Royal reste néanmoins optimiste et promet qu'il y aura deux consultations publiques avant la première pelletée de terre, dont une tenue par le promoteur lui-même.

« C'est un projet qui va créer de l'emploi. On parle de 2 milliards de dollars d'investissements privés. Oui, c'est un beau projet », fait valoir Philippe Roy.