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19/05/2015 11:54 EDT | Actualisé 19/05/2016 01:12 EDT

Le Premier ministre chinois au Brésil avec 50 milliards de dollars en poche

Le Premier ministre chinois Li Keqiang a été reçu mardi à Brasilia par la présidente brésilienne Dilma Rousseff dans le cadre d'une visite où il devrait annoncer 50 milliards de dollars d'investissements dans ce pays asphyxié par sa politique d'austérité et en quête d'argent frais.

A l'issue de la rencontre officielle entre les dirigeants des deux puissances émergentes, une réunion doit se tenir entre 130 chefs d'entreprises de chaque pays, selon Brasilia.

En soirée, M. Li doit se rendre à Rio de Janeiro pour examiner certains projets financés par son pays dans la ville hôte des jeux Olympiques de 2016.

Energie, ports, routes, voies ferrées dont le très ambitieux projet de la construction d'un "couloir" à travers l'Amazonie.... les discussions sino-brésiliennes portent sur des investissements chinois dans des secteurs très variés. Elles doivent également concrétiser l'achat d'une première tranche de 22 avions Embraer sur un total de 60 et la réouverture du marché chinois aux exportations de viande bovine brésilienne.

Cette "seconde génération" d'investissements chinois au Brésil, après une première centrée sur les matières premières, va se concentrer sur l'industrie lourde et les grands travaux d'infrastructure", a expliqué récemment José Graça Lima, chargé des relations avec l'Asie au ministère brésilien des Affaires étrangères

En 2009, la Chine est devenue le premier partenaire commercial du Brésil devant les États-unis, avec des échanges commerciaux qui se sont multipliés par 25 en un peu plus de dix ans, s'élevant à 83 milliards de dollars en 2013.

Mais la Chine n'est que le douzième investisseur. Une position que le gouvernement brésilien souhaite voir s'améliorer au plus vite, alors qu'il est asphyxié par sa nouvelle politique d'austérité budgétaire et cherche de l'argent frais pour financer ses grands projet d'infrastructures.

- Une voie ferrée à travers l'Amazonie -

Le projet le plus ambitieux est celui de la construction d'un "couloir ferroviaire et maritime" qui traversera l'Amérique du sud d'est en ouest en pleine Amazonie, du Brésil au Pérou, sur au moins 3.500 km, pour transporter les matières premières brésiliennes comme le soja et le minerai de fer vers la Chine, via le Pacifique.

Ce projet pharaonique, visant à relier le port brésilien de Santos (sud-est), le plus important d'Amérique latine à celui d'Ilo au Pérou, soulève déjà l'inquiétude des écologistes.

Le chantier, dont le tracé n'a pas encore été tranché, devrait durer entre trois et quatre ans et "représente à lui seul 30 milliards de dollars" d'investissements, a expliqué lundi à l'AFP le ministre brésilien de l'Industrie et du Commerce extérieur, Armando Monteiro.

Le Brésil, qui devrait voir son Produit intérieur brut diminuer en 2015 après quatre années de croissance au ralenti, souffre notamment de la baisse des importations chinoises, en particulier de minerai de fer.

Et Brasilia "espère que cette nouvelle phase de la relation avec la Chine se traduira par une hausse significative des investissements", selon M. Monteiro.

Le ministre brésilien souhaite que son pays devienne à terme "une plateforme importante de production de biens industriels chinois, non seulement pour le marché régional mais aussi pour certains marchés qu'elle pourrait mieux servir à partir du Brésil".

Pour Pékin "l'Amérique latine est surtout un producteur de matières premières et on le voit dans la composition de ses investissements directs dans la région. Près de 90% des investissements chinois entre 2010 et 2013 ont été destinés aux ressources naturelles", indique un récent rapport de la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (Cepal) de l'ONU.

Mais "la Chine est en train de prendre le rôle d'investisseur en Amérique latine et aux Caraïbes et le Brésil a besoin désespérément d'investissements", a assuré à l'AFP Charles Tang, président de la Chambre de commerce Brésil-Chine.

"L'arrière-cour des États-Unis est en train de devenir le jardin de la Chine, et pas seulement au Brésil mais dans toute l'Amérique latine", ajoute-t-il.

Le Premier ministre chinois doit poursuivre sa tournée mercredi en Amérique du sud, en se rendant en Colombie avant le Chili et le Pérou.

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