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19/05/2015 13:57 EDT | Actualisé 19/05/2016 01:12 EDT

Guggenheim contre Guggenheim devant la justice française, décision en septembre

La fondation Guggenheim et des descendants de Peggy Guggenheim (1898-1979) se sont affrontés mardi sur la gestion de sa somptueuse collection à Venise, devant la cour d'appel de Paris qui rendra sa décision en septembre.

Objet du litige, la présentation des quelque 326 oeuvres --Picasso, Braque, Miro, Matisse, Dali, Duchamp, Max Ernst, Rothko, Robert Motherwell ou encore Jackson Pollock-- et le palais vénitien qui les abrite sur le Grand Canal, légués par la richissime héritière à la fondation créée par son oncle.

Pour son petit-fils Sandro Rumney (résident en France, d'où la procédure française) et ses enfants, la collection a été dénaturée, notamment par l'adjonction d'oeuvres issues de donations d'autres collectionneurs, et doit être "remise en l'état".

L'un de ses avocats, Bernard Edelman a plaidé que la collection est une "oeuvre de l'esprit" sur laquelle les descendants ont donc un "droit moral".

Son confrère Olivier Morice a fustigé "la volonté de la Fondation de minimiser le génie de Peggy Guggenheim et le caractère tout à fait exceptionnel de sa collection", qui ne représente plus que 50% des oeuvres exposées.

Accessoirement, les plaignants dénoncent une "profanation" de la sépulture de la collectionneuse, dont les cendres sont inhumées dans un coin du jardin, où sont organisés des cocktails et où une plaque mentionne le nom d'un autre mécène du musée.

Mais pour la Fondation, la procédure n'a pas lieu d'être.

M. Rumney avait mené une première action en justice en 1994. Débouté, il avait fait appel, avant de se désister et de conclure une transaction avec la Fondation sur la gestion de la collection.

Pour Christophe Perchet, avocat de la Fondation, cet accord vaut acceptation du jugement de 1994 "qui dit que la collection n'est pas une oeuvre de l'esprit". Ce que le tribunal a reconnu en première instance de l'actuelle procédure, déboutant les descendants, qui ont fait appel car ils estiment que la Fondation a violé cette transaction.

L'avocat a insisté sur le développement spectaculaire de la fréquentation, passée de 35.000 visiteurs par an à la mort de Peggy Guggenheim à 400.000.

Son confrère Pierre-Louis Dauzier a aussi avancé que l'accrochage fait par Peggy Guggenheim était "très didactique, sans originalité, pas autre chose qu'une compilation".

Décision le 23 septembre.

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