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18/05/2015 20:52 EDT | Actualisé 18/05/2016 01:12 EDT

Guatemala: le président exclut de démissionner, après les manifestations anti-corruption

Le président du Guatemala, Otto Perez, a exclu de démissionner lundi, deux jours après d'importantes manifestations dans la capitale et en province pour exiger son départ et la fin de la corruption dans les milieux politiques.

"J'ai un mandat constitutionnel et je suis résolu à remplir ce mandat qui s'achèvera le 14 janvier 2016", a affirmé le président guatémaltèque au cours d'une conférence de presse.

Le mouvement anti-corruption a débuté au Guatemala après un scandale concernant l'existence d'un réseau de corruption et de fraude aux taxes douanières.

L'affaire a été révélée le 16 avril par le parquet du Guatemala et la Commission internationale contre l'impunité au Guatemala (Cicig), une entité de l'ONU chargée d'assainir le système judiciaire du pays.

Selon une enquête qui a duré huit mois, le chef de ce réseau était Juan Carlos Monzon, secrétaire privé de la vice-présidente du Guatemala, Roxana Baldetti. Mme Baldetti a assuré qu'elle ignorait tout des agissements de son secrétaire, mais a néanmoins démissionné le 8 mai. Elle a été remplacée jeudi dernier par Alejandro Maldonado, un magistrat. M. Monzon, quant à lui, est en fuite. Plusieurs fonctionnaires ont été arrêtés dans le cadre de cette affaire.

Samedi, des milliers de personnes --dont 40.000 dans la capitale selon les organisateurs-- sont descendues dans la rue pour exiger la démission du président Perez ainsi que des réformes de l'Etat.

"Je suis conscient du tollé au sein de la population à propos de la lutte contre la corruption", a déclaré lundi le chef de l'Etat, avant de s'engager à travailler à des "changements en profondeur du système". "Si nous n'opérons pas des changements de fond, le système va s'effondrer", a-t-il averti.

Le Guatemala, dont plus d'un habitant sur deux vit sous le seuil de pauvreté, figurait au 115e rang sur 175 du classement mondial de l'ONG Transparency International sur la perception de la corruption en 2014.

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