NOUVELLES
19/05/2015 06:22 EDT | Actualisé 19/05/2016 01:12 EDT

Grève des profs en France contre une réforme du collège très politisée

Entre un quart et la moitié des professeurs de collège étaient en grève mardi en France pour protester contre une réforme de leurs établissements, devenue un fort enjeu politique.

La grève est suivie par 27,6% des enseignants selon le gouvernement, par plus de 50% selon le SNES, leur principal syndicat.

Le Premier ministre Manuel Valls a redit mardi qu'il ne céderait pas, défendant une réforme "indispensable" face au "conservatisme".

Plusieurs syndicats ont appelé les professeurs à manifester à Paris à partir de 12H00 GMT et dans une cinquantaine d'autres villes.

Ils protestent contre une réforme portée par la ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem pour corriger le caractère très inégalitaire du système scolaire français.

Pour limiter le décrochage, qui concerne près de 150.000 élèves par an, surtout issus des classes populaires, la ministre souhaite renforcer l'autonomie des établissements, l'interdisciplinarité et l'accompagnement personnalisé des élèves.

Mais les syndicats redoutent que l'autonomie donne trop de pouvoir aux chefs d'établissement et que l'interdisciplinarité grignote les horaires de chaque matière, dans un pays où le corps professoral est très attaché à ses disciplines.

Les inquiétudes sont encore plus fortes chez les profs de langue.

Les enseignants de grec et de latin craignent un effritement de leurs horaires avec la suppression de ces options, remplacées par un enseignement pratique interdisciplinaire consacré aux langues et cultures de l'Antiquité.

Les profs d'allemand pensent que leur discipline pâtira de la suppression des classes bilangues (deux langues étrangères dès 11 ans). La réforme propose à la place deux langues étrangères pour tous à 12 ans (contre 13).

Ces mesures ont suscité de très vives réactions au sein de l'opposition de droite qui réclame le retrait pur et simple de la réforme, accusant le gouvernement de vouloir niveler par le bas la formation des élèves.

En toile de fond s'opposent deux conceptions de l'éducation, qui nourrissent depuis des années des conflits en France: une vision égalitaire souhaite fournir à tous les élèves la même éducation, une autre plus "élitiste" conçoit que les plus méritants puissent se distinguer.

bur-chp/mw/cmr