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19/05/2015 08:27 EDT | Actualisé 19/05/2016 01:12 EDT

Appel déchirant de la mère d'un journaliste enlevé en Syrie

La mère d'Austin Tice, un journaliste américain disparu dans la Syrie en guerre depuis plus de 1.000 jours, a lancé mardi de Beyrouth un appel déchirant pour la libération de son fils.

Debra Tice a appelé toute personne disposant d'informations concernant son fils disparu en 2012 à parler, et ses ravisseurs à lui permettre de l'appeler par téléphone ou de rencontrer un ami de la famille.

"Nous savons qu'Austin n'est pas détenu par une composante de l'opposition (syrienne). Mais après 1.009 jours, nous ne savons toujours pas où il est ou qui le détient", a-t-elle affirmé lors d'une conférence de presse dans la capitale libanaise.

Agé d'une trentaine d'années, Austin Tice, qui était pigiste pour le Washington Post, CBS et d'autres médias dont l'AFP, la BBC et Associated Press, a disparu le 14 août 2012 près de Damas. Sa famille n'a reçu ni revendication ni demande de rançon.

Peu après sa disparition, une vidéo présumée l'a montré les yeux bandés, détenu par des combattants radicaux. Washington n'a pas pu en vérifier l'authenticité et a affirmé croire que le reporter était détenu par les autorités syriennes, ce que dément Damas.

"L'anxiété de ma famille est juste une goutte dans cette mare de souffrance humaine horrible (en Syrie). Nos coeurs se joignent à ceux qui sont en train de connaître cette douleur", a affirmé Mme Tice, en retenant ses larmes. "Je veux serrer de nouveau mon fils dans mes bras. Je veux que ma famille soit au complet de nouveau".

La famille Tice, qui a lancé un site internet (www.austinticefamily.com), est soutenue par Reporters sans frontières et le centre de médias Skeyes au Liban.

La semaine dernière, la Maison Blanche a affirmé pour la première fois que Washington avait "des contacts périodiques et directs avec des responsables du gouvernement syrien exclusivement sur des questions consulaires, notamment le cas d'Austin Tice".

Mais la mère du journaliste s'est montrée critique, affirmant avoir "surestimé" la volonté de Washington d'"accélérer" les efforts pour retrouver son fils. Aucun responsable américain n'était présent à la conférence de presse.

Debra Tice avait exprimé en février le souhait que son pays s'inspire des méthodes de négociation de la France, soulignant que les otages français, eux, "rentrent à la maison". Paris ne verse pas officiellement de rançon mais n'exclut pas des remises d'argent par des tiers. Les Etats-Unis affirment ne jamais verser de rançons pour faire libérer leurs otages.

sah/ram/jri