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19/05/2015 09:28 EDT | Actualisé 19/05/2016 01:12 EDT

Amnistie internationale: nombreuses allégations de torture au Maroc

RABAT, Maroc - Les autorités marocaines continuent à avoir fréquemment recours à la torture même si la pratique est interdite, a dénoncé mardi le groupe humanitaire Amnistie internationale.Même si le roi Mohammed VI a banni le recours à la torture et qu'il s'est fréquemment prononcé contre cette pratique, les membres des forces de l'ordre continuent à maltraiter, à battre et à violer les détenus avec des objets, affirme un rapport publié par Amnistie et qui recense 173 cas de mauvais traitements et de torture depuis 2010.«Pour en arriver à une réforme réelle et tangible, nous avons besoin de plus que de simples mots, parce qu'il y a un écart énorme entre la théorie et la pratique», a dit aux journalistes Philip Luther, le directeur d'Amnistie Internationale pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord.Le gouvernement marocain a rejeté les conclusions du rapport et met en doute la crédibilité des sources d'Amnistie.Le Maroc est une destination touristique très populaire auprès des Européens. Le pays est aussi un allié important des États-Unis dans la région et se présente comme une nation stable et moderne, qui respecte les droits de la personne.Le rapport recommande qu'un avocat soit présent pendant les interrogatoires, qu'on enquête sur les allégations de torture et que ceux qui dénoncent des agressions soient protégés — des mesures inscrites au code criminel marocain mais rarement respectées.Ceux qui dénoncent les mauvais traitements subis aux mains des policiers sont plutôt poursuivis pour diffamation pour les faire taire, dénonce le rapport. Huit personnes ont ainsi été accusées depuis 2014, dont la militante Ouafa Charaf qui a écopé d'une année de prison en août dernier quand elle a accusé les policiers de l'avoir torturée. Sa peine a été doublée en octobre quand elle l'a portée en appel.Amnistie reconnaît néanmoins que des progrès ont été réalisés au Maroc depuis 20 ans.Le directeur de l'organisme au Maroc, Mohammed Sektaoui, dit que le groupe a choisi le Maroc non pas parce que sa performance est la pire dans la région, mais en raison de son influence en Afrique du Nord.«Des développements positifs au Maroc auraient une influence sur les pays voisins en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, a-t-il dit. Le Maroc a une occasion importante de devenir un leader régional dans la lutte contre la torture.»