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19/05/2015 11:11 EDT | Actualisé 19/05/2016 01:12 EDT

Amnesty demande au Maroc de faire davantage dans la lutte contre la torture (rapport)

Amnesty International a réclamé mardi davantage d'efforts de la part du Maroc dans la lutte contre la torture, estimant que cette pratique est "endémique" dans le royaume en dépit de récentes démarches entreprises par les autorités.

Les autorités marocaines "ont entrepris d'importantes démarches pour répondre et prévenir torture et mauvais traitements" de la part de ses forces de l'ordre, relève Amnesty dans un rapport présenté lors d'une conférence de presse à Rabat.

Mais la torture, "endémique", est toujours "utilisée pour arracher des +aveux+ et étouffer les voix dissidentes", déplore l'ONG basée à Londres.

Amnesty indique avoir étudié 173 cas présumés, qui concernent "des étudiants, militants politiques, partisans de l'autodétermination au Sahara occidental" mais aussi "des personnes soupçonnées de terrorisme et d'infraction de droit commun". Parmi les pratiques recensées figurent des "coups, maintien dans des positions douloureuses, asphyxie, simulacres de noyade" et "violences psychologiques ou sexuelles".

Elle qualifie, par ailleurs, de "pratique alarmante" de récentes condamnations à des peines de prison pour "dénonciation calomnieuse" et "fausse dénonciation", à l'encontre de personnes ayant rapporté des faits présumés de torture.

"Les responsables marocains renvoient l'image d'un pays ouvert, respectueux des droits humains. Mais tant que la menace de la torture planera sur les détenus et les voix dissidentes, cette image ne sera qu'un mirage", déclare la secrétaire générale de l'ONG, Salil Shetty.

Interrogé par l'AFP, le directeur de la région Moyen-Orient et Afrique du nord (Mena), Philip Luther, a lui aussi déploré un "décalage" entre les "bonnes dispositions" de la législation marocaine et les "pratiques". "La torture n'est plus systématique comme par le passé, mais elle reste un phénomène grave", a-t-il ajouté.

Au titre de ses recommandations, Amnesty cite la présence systématique d'un avocat durant les interrogatoires, comme le prévoit le projet de réforme du code de procédure pénale.

Lors d'une conférence de presse, le secrétaire général de la délégation interministérielle aux droits de l'Homme, Abderrazak Rouwane, a fustigé les "préjugés" d'Amnesty envers le royaume.

"Les condition d'honnêteté et d'objectivité sont absentes de ce rapport", a-t-il commenté.

Le Maroc a adhéré en novembre dernier au Protocole optionnel à la convention onusienne contre la torture (Opcat), ce qui doit aboutir à la création, d'ici la fin de l'année, d'un Mécanisme national de prévention (MNP) de la torture. Elle sera composée d'experts qui doivent encore être désignés.

gk/vl