NOUVELLES
18/05/2015 17:58 EDT | Actualisé 18/05/2016 01:12 EDT

USA: enquête contre de hauts responsables vénézuéliens pour trafic de drogue (presse)

Les Etats-Unis enquêtent sur le numéro deux du Venezuela et d'autres hauts responsables vénézuéliens, soupçonnés de transformer leur pays en carrefour de trafic de cocaïne et blanchiment d'argent de la drogue, a rapporté lundi le Wall Street Journal.

"Des preuves importantes justifient" que le président de l'Assemblée nationale Diosdado Cabello, considéré comme le numéro deux du pays, est "l'une des têtes, sinon la tête du cartel", a indiqué au WSJ un porte-parole du ministère américain de la Justice sous couvert de l'anonymat.

L'agence fédérale des stupéfiants (DEA) ainsi que plusieurs procureurs fédéraux de New York et Miami enquêtent sur ces accusations qui proviendraient d'informateurs, d'anciens trafiquants et déserteurs qui ont fait défection de l'armée vénézuélienne, souligne le quotidien américain.

M. Cabello, 52 ans, a indiqué mercredi sur la télévision d'Etat qu'il réclamait une interdiction de voyager pour des cadres et journalistes contre lesquels il a engagé des poursuites judiciaires sur ces accusations de drogue. "Nous avons la conscience parfaitement tranquille", a-t-il dit dans une interview à la radio.

Un haut responsable américain, sous couvert de l'anonymat, a prédit au journal que la réaction officielle du Venezuela serait "cataclysmique" compte tenu des relations très tendues avec les Etats-Unis, qui le considèrent comme une de ses bêtes noires.

Le président Nicolas Maduro, au pouvoir depuis la mort de Hugo Chavez, n'est pas visé par l'enquête qui durerait depuis des années. Mais un responsable du DOJ parle d'une "organisation criminelle" aux plus hauts échelons de l'Etat.

Le WSJ cite parmi les personnes visées par l'enquête l'ancien ministre de l'Intérieur Tarek El Aissami, l'ancien directeur du renseignement militaire Hugo Carvajal, le ministre de l'Industrie et frère du numéro deux du gouvernement, Jose David Cabello, ou encore un général de la garde nationale, Luis Motta Dominguez.

Le Venezuela ne produit pas la feuille de coca, avec laquelle on fait la cocaïne, ni ne fabrique la drogue. Mais les Etats-Unis estiment que près du tiers de la cocaïne produite dans les pays voisins, soit quelque 275 tonnes par an, transitent par le Venezuela.

chv/are