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18/05/2015 15:38 EDT | Actualisé 18/05/2016 01:12 EDT

Les pays des Grands Lacs vont envoyer une délégation au Burundi

Les pays des Grands Lacs, réunis en sommet extraordinaire lundi en Angola, ont annoncé l'envoi d'une délégation au Burundi et appelé à une sortie de crise afin de permettre le retour des dizaines de milliers de réfugiés qui ont fui dans les pays voisins.

"Une délégation de chefs d'Etat et de gouvernement de l'organisation va se rendre au Burundi, le plus tôt possible, pour évaluer la situation et contribuer à une résolution pacifique de la crise", ont déclaré les pays de la région dans un communiqué, précisant que l'Afrique du Sud, le Kenya, l'Ouganda et la Tanzanie composeront cette délégation.

"Nous exhortons le gouvernement burundais à travailler au rétablissement rapide d'un environnement pacifié et sûr afin d'encourager le retour des réfugiés", ont ajouté les auteurs du communiqué, lu par Georges Chikoti, le ministre des Relations Extérieures de l'Angola, pays qui préside la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) depuis début 2014.

Plus de 100.000 Burundais se sont réfugiés ces dernières semaines dans les pays voisins, notamment le Rwanda, la Tanzanie et la République démocratique du Congo (RDC), selon le Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

Condamnant la tentative de coup d'Etat contre le président burundais Pierre Nkurunziza et défendant sa "légitimité", les pays ont appelé au report des élections, une position qui rejoint celle prise le 13 mai par chefs d'État de la Communauté est-africaine à Dar es-Salaam.

"Nous condamnons énergiquement la tentative de coup d'Etat et nous saluons la défense de l'ordre constitutionnel par les forces loyales au président de la République, dont la légitimité ne peut pas être remise en cause", a déclaré le président angolais José Eduardo dos Santos, à l'ouverture du sommet.

Pour la première fois, les dirigeants ont évoqué la menace terroriste sur le continent africain.

"Je suggère que nous renforcions les moyens régionaux de lutte contre le terrorisme à travers une plus étroite collaboration entre nos agences de renseignements ainsi qu'un contrôle plus sévère de la circulation transfrontalière et de l'immigration illégale", a ajouté le président angolais.

Cette déclaration intervient après l'attaque - "condamnée avec véhémence" par M. dos Santos - des islamistes somaliens shebab affiliés à Al-Qaida contre l'université de Garissa dans l'est du Kenya début avril, qui a fait 148 morts, dont 142 étudiants.

Le président angolais a par ailleurs salué la stabilisation progressive à Bangui. "En République Centrafricaine, malgré quelques incertitudes, il y a un optimisme modéré quant à la concrétisation du processus de paix et de réconciliation nationale", a-t-il dit.

Il a appelé à maintenir le soutien au gouvernement de transition dirigé par Catherine Samba-Panza. Ce dernier, appuyé par le déploiement de troupes françaises, africaines, européennes et onusiennes, tente de mettre fin aux violences entre les forces musulmanes Séléka et les milices anti-balaka, chrétiennes qui déstabilisent le pays depuis 2013.

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