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18/05/2015 12:41 EDT | Actualisé 18/05/2016 01:12 EDT

Le FMI s'alarme du coût des subventions énergétiques dans le monde

Le FMI s'est alarmé lundi du coût des subventions publiques aux prix énergétiques sur le globe, qui devraient atteindre 5.300 milliards de dollars cette année, soit davantage que les dépenses publiques mondiales dans la santé.

"Ces estimations sont choquantes (...) Il s'agit d'un des plus importants dommages collatéraux jamais évalués", estiment les auteurs de ce rapport du Fonds monétaire international, notant que cette somme correspond à 6,5% du produit intérieur brut mondial.

Depuis longtemps, le FMI se bat contre ces subventions, définies comme la différence entre les prix payés par les consommateurs pour leur énergie et son coût "réel", qui pèseraient sur les finances publiques et accélèreraient le réchauffement climatique.

Selon le Fonds, la Chine en est de loin le premier pourvoyeur (2.300 milliards de dollars), suivie par les Etats-Unis (699 milliards) et la Russie (335 milliards).

D'après ce nouveau rapport, ces subventions ont plus que doublé depuis 2013, date à laquelle le FMI les estimaient à un peu moins de 2.000 milliards de dollars.

Cette spectaculaire réévaluation est due en grande partie à un changement de méthodologie de l'institution qui intègre désormais dans le calcul de ces subventions les sommes investies pour prendre en charge les dégâts sanitaires et environnementaux causés par la pollution.

"Ramener les prix énergétiques à un prix juste peut aider les gouvernements à atteindre leurs objectifs sur l'environnement mais également (...) en terme de finances publiques saines", affirment les auteurs du rapport.

Selon le FMI, la réallocation de ces sommes pourrait également permettre de réduire les taxes qui pèsent sur le travail et de doper des dépenses publiques sources de croissance économique.

Le Fonds a récemment conditionné son aide à l'Ukraine à une réduction des subventions énergétiques qui se traduit toutefois par une hausse des prix payés par les consommateurs et peut ainsi alimenter des mouvements de protestation.

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