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18/05/2015 10:30 EDT | Actualisé 18/05/2016 01:12 EDT

Lancement à Bruxelles des études techniques pour un futur drone européen

Les ministres de la Défense allemand, italien et français ont lancé lundi à Bruxelles les études techniques en vue de fabriquer un drone européen d'ici 2025, un programme qui pourrait représenter un milliard d'euros d'investissements.

Ursula von der Leyen, Roberta Pinotti et Jean-Yves Le Drian ont signé une lettre d'intention en marge d'une réunion des 28 ministres européens de la Défense lundi à Bruxelles, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Il s'agit du futur drone de reconnaissance de type MALE (moyenne altitude longue endurance) dont le coût de développement s'élèverait à un peu plus d'un milliard d'euros.

"Cette signature pour la mise en oeuvre de l'étude de définition de l'eurodrone est une étape très importante pour la coopération européenne", a estimé M. Le Drian.

"D'abord parce que c'est une capacité critique dont nous devons disposer. Nous l'avons constaté sur plusieurs théâtres d'opération", a-t-il relevé.

"C'est une démarche ouverte, nous sommes trois, peut-être que demain d'autres" la rejoindront, a espéré le ministre, citant des marques d'intérêt de l'Espagne et de la Pologne.

"L'objectif de cette étude, qui doit durer environ deux ans, est de déterminer un ensemble de prérequis opérationnels et d'élaborer un prototype répondant à une expression de besoin commun en termes de performance, de calendrier et de coût", ont indiqué les ministres dans un communiqué commun.

Ce projet est porté par Airbus Group, Dassault Aviation et Alenia Aermacchi (groupe Finmeccanica) qui ont soumis en mai 2014 aux gouvernements français, allemand et italien une proposition concrète pour construire ensemble un drone militaire d'ici 2020/2025, un marché dominé par les États-Unis et Israël.

Dans un communiqué commun, les trois industriels se sont félicité de cette annonce, qui "souligne l'importance stratégique pour la sécurité européenne de la souveraineté dans le développement de nouveaux systèmes, en particulier dans le domaine de la reconnaissance militaire et des drones", a déclaré Bernhard Gerwert, le patron d'Airbus Defence and Space.

"Les nations européennes se doivent de développer une solution souveraine et de dernière génération de drone MALE, pour des missions à la fois militaires et de sécurité", a pour sa part estimé Eric Trappier, le PDG de Dassault Aviation.

"Cette initiative est une opportunité unique de poursuivre dans la voie de l'union du savoir-faire technologique regroupant les industriels de pointe réunis autour d'un objectif commun", a enfin dit Mauro Moretti, président de Finmeccanica.

Les industriels et les nations européennes ont échoué pendant plus de dix ans à s'entendre sur un projet commun de drone MALE, avec comme conséquence que la Grande-Bretagne, l'Italie et la France ont acquis des drones Reaper de fabrication américaine. L'Allemagne et la France opèrent aussi des engins basés sur une plateforme israélienne.

"C'est une capacité qui nécessite l'autonomie, la maîtrise" des Européens, a relevé M. Le Drian.

Lors d'un sommet consacré à la Défense en décembre 2013, les Européens avaient souligné l'urgence du besoin de drones, mais les baisses des budgets militaires n'avaient pas jusqu'ici permis de débloquer les crédits pour développer un tel projet.

Les 28 chefs d'Etat et de gouvernement ont prévu de faire le point lors de leur prochain sommet, fin juin, sur les engagements pris, afin de stimuler encore plus la coopération européenne en matière d'achat et de fabrication d'armements.

Les drones MALE sont généralement capables de voler pendant 24 heures à 3.000 mètres d'altitude. L'armée américaine a armé ses Reaper et s'en sert fréquemment pour frapper des cibles en Afghanistan, au Pakistan, au Yémen et en Somalie.

La déclaration commune n'évoque pas à ce stade des drones capables de faire des frappes. "Une fois opérationnel, le système remplira des missions de renseignement à longue distance, de surveillance et de reconnaissance avec différentes capacités de charge utile", se bornent à indiquer les trois ministres.

L'étude de définition et la fabrication d'un prototype seront dotés d'un budget de 60 millions d'euros sur deux ans. Rome, Berlin et Paris se sont engagés à apporter 20 millions d'euros chacun.

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