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18/05/2015 11:34 EDT | Actualisé 18/05/2016 01:12 EDT

La Grèce a besoin d'un accord "immédiatement" (gouvernement)

La Grèce a besoin d'un accord "immédiatement" avec ses créanciers, "d'ici la fin mai", afin de résoudre la question "cruciale" des liquidités, a déclaré lundi à Athènes le porte-parole du gouvernement Gabriel Sakellaridis.

"Un accord est nécessaire immédiatement, c'est pourquoi nous parlons de la fin mai, pour résoudre des questions de liquidités cruciales", a dit M. Sakellaridis lors d'une conférence de presse. "La pression financière est grande", a-t-il ajouté, mais un "ultimatum" à prendre ou à laisser de la part des créanciers de la Grèce, UE et FMI, n'aiderait pas la négociation, a-t-il prévenu.

Athènes négocie avec la Banque centrale européenne (BCE), la Commission européenne et le Fonds monétaire international (FMI), depuis plusieurs mois, pour obtenir le déblocage de plusieurs milliards d'euros au titre d'un second programme d'aide en vigueur depuis 2012 et qui court jusqu'au 30 juin.

La Grèce, toujours exclue des marchés de financement à moyen et long terme, n'a plus reçu de tranches de prêts prévus dans le cadre de ce plan depuis août 2014 et continue de rembourser régulièrement les échéances des prêts précédents puisque le pays est sous assistance financière internationale depuis 2010.

Or l'année 2015 est en terme de remboursements "la plus lourde jusqu'à 2030", a fait remarquer M. Sakellaridis. "Notre économie s'est saignée durant toute cette période pour faire ces remboursements", a-t-il estimé.

La plupart des observateurs conviennent que les quelque 1,5 milliard d'euros dus au FMI en juin, en quatre tranches, vont être difficiles à verser par la Grèce sans déblocage de l'aide des créanciers, qui exigent du gouvernement de gauche radicale des mesures budgétaires et des réformes conformément aux promesses faites par Athènes.

"D'ici la fin décembre, l'Etat doit rembourser 12,55 milliards de principal et 2,95 milliards d'intérêts", et les 7,2 milliards restant à verser dans le cadre du second plan d'aide "ne suffisent pas", a prévenu le porte-parole qui a cependant exclu la signature d'un "troisième mémorandum", assorti de nouvelles conditions.

De nombreux responsables européens jugent cependant inévitable un troisième plan d'aide pour maintenir la Grèce à flot.

L'hebdomadaire grec To Vima a affirmé lundi après-midi sur son site internet que la Commission de Bruxelles avait rédigé une proposition d'accord qui permettrait de débloquer avant juillet 3,7 milliards d'euros, par l'UE et par la BCE, mais pas le FMI.

En échange, la Grèce s'engagerait sur différentes mesures rapportant au budget de l'Etat 5 milliards d'euros d'ici fin 2016 mais laissant de côté une nouvelle réforme du système des retraites ou une plus grande dérégulation du marché du travail, reportées à plus tard, comme celle sur la renégociation de la dette publique qu'Athènes veut faire aboutir rapidement.

Le ministère grec des Finances et le cabinet du Premier ministre, interrogés par l'AFP, ont affirmé ne pas avoir connaissance d'une telle proposition. Une porte-parole de la Commission européenne a également indiqué "ne pouvoir confirmer" ces affirmations, et que les négociations se poursuivaient "en vue d'un accord global, avec la BCE et le FMI".

jph-smk/mct

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