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18/05/2015 07:18 EDT | Actualisé 18/05/2016 01:12 EDT

L'ex-Première ministre de Thaïlande devant la justice mardi

L'ex-Première ministre thaïlandaise Yingluck Shinawatra doit affronter la justice mardi, à l'ouverture d'un procès où elle encourt jusqu'à dix ans de prison, un an presque jour pour jour après le renversement de son gouvernement par l'armée.

Elle a fait savoir par ses avocats qu'elle se rendrait en personne à la Cour suprême mardi. Le parquet a néanmoins pris la précaution de rappeler lundi qu'elle risquait l'arrestation en cas d'absence.

"Si l'accusée n'apparaît pas et ne désigne pas un représentant légal pour justifier son absence devant la cour, le tribunal peut demander son arrestation", a déclaré devant la presse Surasak Threerattrakul, représentant du Parquet.

L'ex-Première ministre est accusée de négligence dans un coûteux programme gouvernemental de subvention à la riziculture, emaillé de corruption selon ses détracteurs.

Nombre d'analystes voient néanmoins cette affaire comme le dernier coup porté à la famille Shinawatra, qui domine la scène politique thaïlandaise depuis le début des années 2000, au grand dam des élites conservatrices comme l'armée aujourd'hui au pouvoir.

"Ce procès sert à exclure définitivement Yingluck de la scène politique", estime entre autres Paul Chambers, de l'Institut des Affaires d'Asie du sud-est de Chiang Mai, dans le nord de la Thaïlande.

"Mais la mettre en prison lui donnerait une stature de martyre", ajoute le politologue américain. Yingluck a en effet dit exclure de fuir le pays pour échapper à la justice comme l'a fait son frère Thaksin Shinawatra: il a fait le choix de l'exil pour éviter de purger plusieurs années de prison pour corruption, après un coup d'Etat contre lui en 2006.

Pavin Chachavalpongpun, expert de la politique thaïlandaise basé à Kyoto, au Japon, redoute quant à lui qu'une condamnation de Yingluck ne "ressuscite les Chemises rouges", puissant mouvement populaire pro-Shinawatra, qui garde profil bas depuis le coup d'Etat du 22 mai en raison des fortes restrictions aux libertés publiques en Thaïlande.

Les militaires ont justifié le coup d'Etat par la protection de la monarchie, alors que le roi de 87 ans est affaibli physiquement. Ils repoussent sine die toute élection, le temps de mettre en place les mécanismes empêchant le retour au pouvoir par les urnes des Shinawatra, dénoncent leurs détracteurs.

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