NOUVELLES
18/05/2015 12:12 EDT | Actualisé 18/05/2016 01:12 EDT

Des soldats armés sont déployés dans les rues de la capitale du Burundi

BUJUMBURA, Burundi - Des soldats lourdement armés ont été déployés lundi dans les rues de la capitale du Burundi pour tenter de mettre fin aux manifestations populaires qui refusent de cesser depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé son intention de briguer un troisième mandat.Cette décision a aussi donné lieu à une tentative infructueuse de coup d'État la semaine dernière.Des soldats armés ont affronté des manifestants en colère dans le quartier de Musaga. Des manifestants avaient érigé des barricades et un journaliste de l'Associated Press a vu des soldats tirer dans la foule qui les narguait. Les tirs ne semblent toutefois pas avoir fait de blessés et les soldats responsables ont été retirés de la ligne de front.Des soldats ont ensuite menacé d'abattre ceux de leurs camarades qui tireraient dans la foule, ce qui témoigne clairement de divisions au sein des forces armées.Les policiers étaient absents des rues de Musaga et du quartier de Citiboke, ce qui pourrait démontrer que l'armée — qui s'interposait auparavant entre la police et les manifestants — a maintenant pris la relève.Tentant apparemment de resserrer son emprise sur le pouvoir, le président Nkurunziza a limogé lundi le ministre de la Défense Pontien Gaciyubenge, le ministre des Affaires internationales Laurent Kavakure et la ministre du Commerce Marie Nizigiyimana. Le ministre Gaciyubenge avait déclaré, plus tôt ce mois-ci, que l'armée resterait neutre dans le conflit et qu'elle respecterait la Constitution.Le chef présumé de la tentative de coup d'État, le major-général Godefroid Niyombare, est toujours au large, mais 17 de ses collaborateurs présumés ont été mis en accusation en fin de semaine.M. Nkurunziza y est allé dimanche d'une première apparition publique depuis le début de la crise.De nouvelles manifestations ont éclaté lundi dans trois quartiers de Bujumbura — Citiboke, Musaga et Nyakabiga — même si le président a demandé aux Burundais de cesser de manifester pour permettre la tenue d'élections parlementaires plus tard ce mois-ci.L'élection présidentielle doit avoir lieu le 26 juin.Plus de 105 00 Burundais ont fui vers des pays voisins pour échapper aux violences, selon l'ONU. De nombreux réfugiés prétendent avoir été intimidés pour les amener à voter pour M. Nkurunziza.