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18/05/2015 07:34 EDT | Actualisé 18/05/2016 01:12 EDT

Chypre veut voir l'UE jouer un rôle plus grand dans les pourparlers de paix

La République de Chypre souhaite voir l'Union européenne (UE) jouer un rôle plus grand dans les négociations sur une réunification de l'île, une idée désormais accueillie positivement par la partie chypriote-turque, a indiqué lundi son négociateur.

"Nous voulons une présence de l'Union européenne" dans les pourparlers, a déclaré Andreas D. Mavroyiannis dans un entretien à l'AFP à Nicosie. "Nous avons constaté avec beaucoup de satisfaction" que le nouveau dirigeant chypriote-turc Mustafa Akinci était "beaucoup plus réceptif et positif vis-à-vis de cette idée", a-t-il ajouté.

De ce point de vue, "il y a un changement important" de la part de la République turque de Chypre nord (RTCN), a-t-il souligné.

M. Mavroyiannis a néanmoins ajouté que l'UE n'était pas appelée à "remplacer les Nations unies" qui parrainent les négociations pour la recherche d'une solution à Chypre, coupée en deux depuis 1974 et l'invasion du tiers nord par la Turquie, en réaction à un coup d'Etat visant à rattacher l'île à la Grèce.

"Chypre étant membre de l'Union européenne", Bruxelles est "concerné de plein droit" par ce qui s'y déroule, a souligné le négociateur.

Les pourparlers en vue de l'établissement d'une "fédération bicommunautaire" ont repris vendredi après sept mois d'interruption, avec une réunion entre le président chypriote-grec Nicos Anastasiades et M. Akinci, qui vient d'être élu "président" de la RTCN, reconnue seulement par la Turquie.

La rencontre "s'est très bien passée, avec un esprit très constructif, mais nous savons tous que la tâche devant nous n'est pas facile", a souligné M. Mavroyiannis.

Il n'a pas voulu fixer de calendrier alors que son homologue chypriote-turc, Ozdil Nami, avait indiqué samedi à l'AFP qu'il jugeait "possible de résoudre le problème chypriote en quelques mois, et non années".

"Nous allons tout faire pour avancer sans sous-estimer les difficultés. Car si c'était facile, il (le problème chypriote) serait déjà résolu", a insisté M. Mavroyiannis.

Il a précisé qu'il allait rencontrer son homologue "très fréquemment": "cette semaine, mercredi, vendredi, samedi et lundi de la semaine prochaine (...) C'est très, très intense".

MM. Anastasiades et Ankinci devraient eux se rencontrer au moins deux fois par mois et "beaucoup de mesures (de confiance) sont étudiées", a-t-il précisé.

Pour M. Mavroyiannis, "la clé de la solution se trouve à Ankara". "Aujourd'hui une chose est certaine, c'est que la Turquie veut un processus. Jusqu'où est-elle prête à aller? On verra ça dans les faits".

cco/jri